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Nombreux sont ceux qui pensent que le communisme
est mort avec la chute du mur de Berlin en 1989. Ils n’ont pas totalement
tort : la plupart des pays communistes, notamment d’Europe de l’Est, sont devenus des démocraties et des économies de marché.
Mais on peut déjà avoir quelque doute sur la Russie
de POUTINE, et surtout sur d’autres pays communistes où le parti
unique est encore bien vivant : Chine, Vietnam ou Corée du Nord. Certaines
démocraties, comme la France, ont encore un parti communiste de stricte
obédience, et de nombreux syndicats comme la CGT se réclament toujours
du marxisme orthodoxe. Ce marxisme règne aussi dans de nombreux milieux
intellectuels et universitaires : combien d'universités françaises
sont-elles encore dirigées par des membres du PCF et ont-elles un vice-président
étudiant membre de l’Union des étudiants communistes ?
Enfin et non le moindre, le « nouveau marxisme
latino-américain » est en pleine expansion, avec CHAVEZ (Vénézuela), MORALES (Bolivie) et autres ORTEGA. Deux événements récents montrent que le cadavre
bouge encore. Tout d’abord, à Cuba, avec le départ de Fidel CASTRO de
la présidence. Titre du Monde « Fidel CASTRO annonce son retrait
définitif du pouvoir à Cuba ». La page CASTRO est donc tournée, avant
de tourner, selon certains, celle du communisme cubain. A quelques détails
près. Tout d’abord, on apprend incidemment que Fidel CASTRO reste
secrétaire général du parti communiste cubain. Or tout le monde sait que
dans un pays communiste, c’est le secrétaire général du parti qui a le
pouvoir : c’était BREJNEV qui dirigeait l’URSS et non quelqu’un d’autre. Ensuite, dimanche a eu lieu l’élection du successeur
de Fidel CASTRO à la présidence. A l’issue d’un suspense insoutenable,
on apprenait qu’un jeune premier avait été élu pour remplacer Fidel CASTRO :
son jeune frère Raul CASTRO, 76 ans, nouveau venu dans la politique, qui
va sûrement changer radicalement la situation. En effet, ce général ne
dirige l’armée cubaine que depuis 1959 ; il ne dirige les services
de sécurité (tout un programme...) que depuis 1989, et il a une position
clef au parti communiste Un deuxième événement, sans doute encore plus inquiétant,
est passé inaperçu : l’élection présidentielle à Chypre. On sait
que la l’île est coupée en deux. Le
Nord est occupé par l’armée turque, alors que la communauté internationale
reconnaît la souveraineté du Sud sur toute l’île. Les casques bleus séparent,
plus ou moins bien, les deux parties : 280 km
de barbelés ! Mais enfin, voilà un pays qui appartient à l’Union européenne, qui devrait donc être exemplaire sur le
plan de la démocratie et des libertés, et qui, en outre, est encore plus
proche de nous en faisant partie de la zone euro depuis le premier janvier
2008. Au premier tour, le président sortant, Tassos PAPADOPOULOS, hostile au
plan de réunification de l’ONU, est arrivé troisième et a été éliminé.
Mais les candidats se tenaient dans un mouchoir de poche, avec pratiquement
un tiers des voix chacun. En tête, Ioannis KASOULIDES, député européen,
ancien ministre des affaires étrangères, ayant voté oui au plan ANNAN de réunification, indépendant soutenu par les partis
de droite et par la puissante Eglise orthodoxe.
En seconde position, à quelques dixièmes de points près (980 voix d’écart)
Demetris CHRISTOFIAS, candidat du
parti communiste, lui aussi plutôt favorable à la reprise des négociations
entre les communautés grecques et turques. Comme seuls les deux premiers candidats peuvent
se présenter au second tour, celui-ci, dimanche dernier, a donc opposé
KASOULIDES au communiste CHRISTOFIAS.
Certes, on explique que ce communiste a bénéficié de l’appui du Diko, parti de centre-droit et que le président sortant, battu,
PAPADOPOULOS, avait appelé à voter pour lui.
Mais il n’en demeure pas moins qu’un pays membre de l’Union
européenne vient, pour la première fois de son histoire, d’élire au suffrage
universel un président communiste. Il semblerait que ce communiste, disent les membres
de son propre parti, ne soit « pas un stalinien, mais un socialiste
progressiste ». Le parti lui-même serait devenu « réformateur ».
Il n’en demeure pas moins que le drapeau rouge et le buste de Lénine sont
en bonne place dans le bureau du nouveau Président. Il pourra y ajouter
le portrait de Fidel Castro.
Le 28 février
2008
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