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Nous avons mis en lumière plusieurs fois le rôle
néfaste des banques centrales, donc du secteur public, dans la crise financière
actuelle. Tout d’abord, les banques centrales sont à l’origine de la crise,
car jamais les banques privées n’auraient pris de tels risques artificiels
avec les subprimes, en prêtant à des personnes non solvables, si les banques
centrales n’avaient artificiellement créé de la monnaie, manipulé les
taux d’intérêt et promis de soutenir les banques en toutes circonstances.
Ensuite, les banques centrales sont en train d‘aggraver la crise, surtout
la Fed aux Etats-Unis, en arrosant le marché de liquidités pour éviter
les faillites bancaires, ce qui ne résoudra rien, mais créera plus d’inflation.
Les banques centrales sont le problème et sûrement pas la solution. Maintenant que les imprudences ont été commises,
il faut bien trouver des solutions, car la diffusion des titres représentant
les subprimes dans tout le système financier mondial finit
par fragiliser celui-ci tout entier. Il faut au moins distinguer le bon
grain et l’ivraie, le marché sanctionnant si c’est nécessaire ceux qui
ont pris des risques inconsidérés et sauvegardant les autres. Or on a
appris la semaine dernière, même si ce n’est qu’un élément parmi d’autres,
que l’investisseur privé Warren BUFFET, l’investisseur américain le plus
riche et le plus connu, troisième fortune mondiale, proposait sa solution
à la crise, en apportant sa garantie à 800 milliards de dollars d’obligations
menacées par la crise. Et d’autres pourraient suivre son exemple. Au-delà de l’extrême complexité technique de cette
proposition, ce qui est essentiel, c’est d’abord que ce projet émane du
secteur privé, sans aucune intervention ou même suggestion étatique. Ensuite,
les déclarations de Warren BUFFETT (pourtant plutôt classé « à gauche »,
tout au moins dans la vie politique américaine, et grand soutien du parti
démocrate) méritent d’être notées. Son plan ne vient pas « d’un accès
de philanthropie », mais il a proposé cela « dans le but de
s’enrichir », donc pour faire des profits. Sa logique est un peu celle des assureurs, qui
eux aussi rendent un vrai service de protection, tout en gagnant de l’argent.
Lui aussi veut apporter sa garantie, ce qui sauvera bien des établissements,
tout en lui faisant gagner de l’argent. C’est cela, le rôle du marché
et du secteur privé, le rôle des entrepreneurs : rendre des services
utiles à tous, tout en gagnant de l’argent : c’est un système gagnant/gagnant,
alors que l’intervention publique est un système perdant/perdant. Il existe déjà, bien entendu, des réassureurs qui
jouent ce rôle aux USA, comme ailleurs. Mais, compte tenu de l’ampleur
de la crise, eux aussi pourraient connaître des difficultés. C’est donc
à ces réassureurs que Warren BUFFETT
offre son aide et sa propre garantie. Au fond, il veut réassurer une partie
des portefeuilles des principaux rehaussiers de crédit. Pour cela, il
propose de reprendre 800 milliards de dollars de leurs avoirs en portefeuille
les plus sûrs, liés aux obligations émises par les collectivités (municipal
bonds), ce qui est une façon de distinguer dans les groupes les titres
plus surs et les autres, pour ne pas que l’un entraine la faillite du
tout. Cela permettrait en tous cas d’éviter un effet « boule
de neige ». La bourse a salué ces propositions, du moins dans
un premier temps, en repartant à la hausse. Mais ensuite les incertitudes
ont repris le dessus. D’autres investisseurs critiquent le plan BUFFETT,
mais c’est en général parce qu’il leur a brûlé la politesse et qu’eux-mêmes
avaient des plans comparables. Ce plan n’est sûrement pas parfait. D’autres
solutions privées complémentaires devront intervenir. Les dégâts dus à
l’irresponsabilité des banques centrales ne seront pas réparés en un tour
de main. Peut-être les réassureurs refuseront-ils le plan BUFFETT (c’est
déjà le cas de l’un d‘entre eux) ? Mais nous voulions juste souligner
que dans ce type de crise, l’origine vient souvent des banques centrales,
qui en profitent pour intervenir encore plus et aggraver la crise. Faire
confiance au marché, aux entreprises et aux capitaux privés, n’empêchera
peut-être pas certains dégâts, mais constitue en toute hypothèse une solution
beaucoup plus sûre que l’intervention publique et une solution qui ne
coûte rien à personne.
Le 21 février
2008
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