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Surprise
dans les médias : le projet de budget BUSH 2008-2009 prévoit un déséquilibre
considérable de 410 milliards de dollars, déficit multiplié par 2,5 par
rapport à 2007. Mais ce qui importe, ce n’est pas le déficit prévu pour
cette année, c’est l’évolution des recettes et des dépenses et donc c’est
le fait de savoir d’où vient ce déficit. Il repose sur une hypothèse plutôt
optimiste d’une croissance de 2,7% en 2008 (alors que le FMI prévoit 1,5%),
l’hypothèse étant que les mesures de relance porteront leurs fruits dès
cette année. En
2007, le déficit était de 162 milliards de dollars, soit 1,2% du PIB,
ce qui était bien raisonnable, compte tenu de la situation, et bien inférieur
en pourcentage au déficit français. Changement de décor pour l’année à
venir, puisque le déficit passe à 410 milliards, soit 2,9% du PIB (déficit
comparable à celui que les traités européens autorisent sur notre continent). Ce
déficit a deux origines, la hausse des dépenses et la baisse des impôts.
Le premier élément est toujours en soi discutable et les dépenses publiques
devraient progresser de 6%, ce qui est beaucoup trop. Mais cette progression
s’explique avant tout par les dépenses militaires et donc par la guerre
en Irak : les dépenses du Pentagone sont de 515 milliards, en hausse
de 7,5%. Ce n’est pas une hausse des dépenses destinée à stimuler artificiellement
la conjoncture, dans une vision keynésienne. La preuve, c’est que les
dépenses d’assurance publique pour les retraites et la santé devraient
fortement se ralentir, l’administration espérant économiser 16 milliards
en 2009 et même 619 milliards sur dix ans, dans l’hypothèse où la politique
BUSH serait poursuivie par les présidents à venir. Les dépenses hors sécurité
devraient progresser de 1% seulement, ce qui est probablement encore trop
(il faudrait les réduire), mais qui va dans la bonne direction. Deuxième
raison du déficit, la baisse des impôts. C’est le fameux plan de relance
annoncé il y a peu par G.W. BUSH, portant sur 150 milliards de dollars,
essentiellement sous forme de baisses d’impôts, notamment pour les ménages.
Mécaniquement, cela provoque immédiatement un déficit budgétaire, l’idée
étant qu’ensuite, l’offre étant stimulée par cette baisse des impôts,
la croissance économique reparte, donc la matière imposable progressera
et les impôts, à taux plus faible, finiront par rapporter plus. C’est
dans cette hypothèse que se situe BUSH, annonçant un excédent budgétaire
en 2012. Au fond, on est un peu dans la même situation que REAGAN, qui
avait dû augmenter les dépenses militaires, tout en réduisant les impôts :
le déficit avait bondi, puis s’était peu à peu résorbé avec le retour
à la prospérité. On
peut cependant nuancer un peu cet optimisme. REAGAN avait en effet eu
l’intelligence de réduire le taux des impôts, et cela de manière définitive,
provoquant un effet LAFFER et une reprise économique, donc de nouvelles
recettes fiscales. Pour BUSH, son plan apparaît plutôt comme un plan d’urgence,
plus conjoncturel, au point que certains l’accusent de faire du keynésianisme
fiscal : on va rembourser, à titre exceptionnel, une partie des impôts
versés par les ménages, qui vont recevoir des chèques. Pour provoquer
un véritable effet microéconomique sur l’offre, sur l’incitation à travailler
et à entreprendre, il ne faut pas que ces mesures apparaissent comme des
mesures ponctuelles, purement conjoncturelles, supprimées dès l’année
suivante. C’est pour cette raison que BUSH insiste notamment sur la nécessité
de pérenniser les baisses d’impôts qu’il avait déjà accordées par le passé,
les fameux « cadeaux aux riches » dont le Congrès démocrate
ne veut pas entendre parler. Tout dépendra donc de cette pérennisation
de la baisse et aussi de savoir si le Congrès arrivera à imposer au président
ce dont il ne veut pas entendre parler, une hausse des « dépenses
sociales », ce qui, là, serait strictement keynésien. Il y a donc
encore des incertitudes et le budget BUSH n’est pas parfait, mais c’est
sans doute la moins mauvaise solution dans les circonstances actuelles.
La suite sera écrite par le président qui sera élu en novembre.
Le 20 février
2008
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