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Les récents événements du Tchad, avec la
chute provisoire de N’Djamena, s’ajoutent à tant d’autres conflits et
à tant de violence, que l’attention se porte une nouvelle fois sur l’Afrique, qui vit non seulement un drame
humain, mais aussi une ruine économique. Sur 34 conflits actuellement recensés dans
le monde, la moitié ont pour théâtre la seule Afrique sub-saharienne.
Il suffit de penser au terrorisme en Algérie, aux Sahraouis du front Polisario
au Maroc, au Soudan dont le professeur Pascal CHAIGNEAU dit qu’il est
un « Etat éclaté », à la guérilla en Ouganda, à la guerre civile
au Rwanda et au Burundi, au conflit Ethiopie-Erythrée, à Le professeur Pascal CHAIGNEAU distingue
en Afrique « les guerres d’annexion », « les guerres de
sécession », « les guerres identitaires », « les guerres
ethniques », « les guerres claniques », « les guerres
de prédation » ou encore les simples « jacqueries ». Toutes
sont meurtrières, mais les guerres ethniques sont sans doute les plus
dramatiques. Mais pourquoi ces drames africains ?
Beaucoup d’observateurs, en toute bonne foi pour certains, dans un esprit
subversif pour d’autres, mettent en avant le caractère récent de la décolonisation
(le début des années 60) et l’influence néfaste qu’exerceraient les pays
développés en général et les anciennes puissances coloniales en particulier
sur ce continent. Certains parlent de néocolonialisme, du poids des multinationales,
de la domination des pays riches, sans même se rendre compte (y compris
pour des gens dits de droite) qu’ils véhiculent ainsi les thèses les plus
éculées du marxisme-léninisme, revu par Rosa Luxembourg, à savoir le thème
de l’impérialisme, stade suprême du capitalisme. D’autres voient dans les conflits en Afrique
l’effet d’une guerre économique impitoyable, et incriminent l’économie
de marché ; qui attise les appétits et crée la corruption et la violence.
Que les richesses naturelles du continent africain soient l’objet de convoitises
de la part de pillards et d’assassins, c’est incontestable. Mais le principe
du marché est précisément de substituer le droit de propriété et les échanges
à la lutte armée. Ce qui manque à l’Afrique, ce sont les institutions
capables de permettre le libre échange et la libre entreprise. Aujourd’hui,
en Afrique il est plus simple de s’approprier les ressources par la force.
C’est l’anti-marché. Pour que l’Afrique connaisse la prospérité, il faut
que cessent les guerres, que se rétablissent l’état de droit et la sécurité
juridique, qu’on respecte les droits de propriété et les contrats, que
les libertés économiques se développent et que le commerce pacifique,
le « doux commerce » cher à Montesquieu, remplace les conflits
armés. Dans le classement mondial des indices de
liberté économique les pays d’Afrique se placent tout à fait en queue
de classement. Il y a en réalité un lien mécanique entre l’absence de
liberté et les conflits armés : quand les droits de propriété ne
sont ni définis ni respectés ni protégés toutes les ressources redeviennent
« bien commun ». Et c’est celui qui s’en empare le premier qui
en bénéficiera. Et quand quelqu’un s’en sera emparé un autre viendra pour
contester le prébendier précédent. Quand les armes ne parlent pas, c’est
la corruption qui agit. La désolation de l’Afrique ne doit rien
au marché. On peut observer que dans d’autres régions du monde, les pays
les plus pauvres sont en train de se développer en s’intégrant dans la
mondialisation. Leur taux de croissance aura été cette année voisin de
10%. Ce n’est pas la mondialisation qui fait que l’Afrique est en panne,
c’est la barbarie.
Le 20 février
2008
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