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Nous
voulons dire toute notre satisfaction devant l’efficacité de la police
française. Seules les mauvaises langues prétendent que l’Etat ne fait
pas son travail et s’occupe de tout, sauf d’arrêter les criminels dangereux
et de faire régner l’ordre. C’est faux. L’état de droit est respecté en
France dans tous les domaines et force reste à la loi. Voici
une première histoire, rapportée par Le Figaro, sans commentaire. Dans
un IUT du Havre, comme dans n’importe quel IUT, les étudiants doivent
réaliser un projet pédagogique. Une opération qui doit montrer leurs qualités
d’organisateurs, de communicants, de gestionnaires, bref leur esprit d’initiative
et d’entreprise. Avec l’accord de leur professeur de droit, ils ont donc
décidé d’organiser un tournoi de poker
(Texas Hold’em poker). C’est un projet qui n’est pas plus idiot
qu’un autre, susceptible de révéler des qualités d’entrepreneurs et, après
tout, il n’est pas interdit de mêler l’utile à l’agréable et d’apprendre
en s’amusant. Ils
ont donc loué une salle à la mairie, mis des affiches, fait de la publicité.
En quelques jours, près de 200 inscrits, ce qui montre un certain succès
de l’opération. Malheureusement pour eux, les affiches ont été lues par
un policier zélé, qui a prévenu les renseignements généraux, qui se sont
aussitôt intéressés à ces dangereux malfaiteurs. Coup de téléphone, convocation
des étudiants à l’hôtel de police, procès-verbal, rappel à la loi. Les
étudiants (et leur professeur de droit) avaient en effet oublié que nous
étions en France. Et en France, une loi de 1983 interdit ce type de manifestation :
« C’est assimilable à la tenue d’une maison de jeux de hasard »,
leur a rappelé le policier. Et en France, les jeux de hasard sont un monopole
d’Etat, qui veille sur notre moralité. Que prévoit ce texte ? Trois
ans de prison, 45 000 euros d’amende et même dans leur cas sept ans
de prison et 100 000 euros d’amende, car le délit a été commis en
bande organisée. Mais les RG, bons
princes, ont expliqué que, pour cette fois, « un carton jaune »
suffirait et que les poursuites seraient exceptionnellement abandonnées.
Bien sûr, le tournoi de poker n’aura pas lieu et si les étudiants récidivent,
le pire est garanti. Curieusement,
les RG témoignent aussi du fait que ces tournois se développent très vite,
de manière illégale et donc largement clandestine, surtout dans le sud
de la France. Evidemment,
nous ne sommes pas là pour défendre ou pour critiquer les tournois de
poker. Nous pensons tout simplement que cela relève de la seule liberté
individuelle et pas de l’Etat. Et que la police ferait mieux de s’occuper
des vols, des atteintes à la propriété ou aux personnes, des violences,
qui menacent nos libertés, que de faire appliquer des lois idiotes, archaïques,
destinées à protéger quelques privilèges étatiques. Ce n’est pas un tournoi
de poker qui menace notre jeunesse, c’est l’Etat, qui s’occupe de tout,
sauf de son domaine propre. Cet
épisode rocambolesque est à rapprocher de la triste affaire de « la
gifle ». Coupable d’avoir giflé un élève qui l’avait traité de « connard »
après l’avoir provoqué pendant une demie heure, un enseignant
a été arrêté par la police et maintenu en garde en vue pendant
vingt quatre heures ! Deux précisions sont importantes en la circonstance :
d’une part le père du gamin est gendarme, ce qui explique pour quelles
raisons il a été bien compris de la police ;
d’autre part l’enseignant exerce son ministère depuis trente cinq
ans, il en est sûrement resté à une époque révolue où les maîtres étaient
respectés, et où une gifle à l’école en appelait deux en prime à la maison. Simple
détail : le gendarme de père a été à son tour poursuivi car il s’était
rendu auprès dans l’établissement où son fils était martyrisé…en tenue ! Si vous ajoutez que cette semaine deux policiers
en service, complètement éméchés, ont semé la panique dans un bar et que
l’un d’eux a tué un client d’un coup de pistolet, vous êtes peut-être
en droit de vous poser la célèbre question : quis custodet ipsos
custodes, qui gardera les gardiens ?
Le 13 février
2008
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