CHAVEZ POUR UNE ALLIANCE MILITAIRE ANTI-AMERICAINE


Le président vénézuélien nous avait un temps amusés, par ses outrances verbales. Puis il nous a scandalisés, avec son goût du socialisme mode soviétique, et nous avons plaint le peuple vénézuélien. Ensuite, il nous a inquiétés, avec sa volonté d’étendre son projet marxiste à d’autres pays, avec l’aide de sa rente pétrolière. Le voilà aujourd’hui qui nous angoisse carrément, avec ses derniers délires. D’abord, il veut combattre économiquement les Etats-Unis, en refusant la zone de libre-échange des Amériques, en lui opposant l’Alba, l’alternative bolivarienne pour les Amériques, ce qui est le plus sûr moyen d‘entraîner les pays refusant le libre-échange vers la misère. Un crime contre l’humanité. Il a pour cela enrôlé  le Nicaragua, Cuba et la Bolivie.

Mais cela ne lui suffit pas. Il veut maintenant transformer cette Alba en alliance militaire. C’est ce qu’il a expliqué dans son émission de propagande télévisée hebdomadaire Alo Presidente, dans un pays où l’opposition n’a plus la parole. Bien entendu, il s’agit de « parer à une éventuelle agression des Etats-Unis ». « Nous devons monter une stratégie commune en articulant les armées de l’air, de terre, la marine, la garde nationale, les forces de coopération et les services de renseignements, parce que l’ennemi est le même : l’empire des Etats-Unis ».

Inutile de dire que les pays de gauche modérée et démocratique, comme le Brésil ou le Chili, s’inquiètent de cette nouvelle lubie. Pour l’instant, seul les trois autres pays marxistes ou marxisants lui emboitent le pas. Mais les Etats-Unis ne sont pas seuls visés, et CHAVEZ accuse aussi la Colombie de « préparer une conspiration contre lui », avec l’aide de Washington bien entendu. De quoi justifier une éventuelle action préventive de sa part. Il cherche à pousser à bout les Colombiens, en particulier en rebaptisant la guérilla des Farc en « groupe belligérant » et non en organisation terroriste. Or les deux pays ont 2000 kilomètres de frontières communes. De quoi provoquer une explosion à la moindre étincelle.

Jamais les pays latino-américains n’ont été autant armés. Le Venezuela dépense une fortune, avec l’argent du pétrole, en armement. Et la course aux armements est quasi-générale. Rien qu’en 2006 CHAVEZ a acheté 100 000 kalachnikovs, 24 avions de combat Sukhoï et une cinquantaine d’hélicoptères militaires. Il cherche à se fournir en équipement de défense antimissile. Du coup, même LULA a demandé au congrès brésilien une hausse de 53% du budget militaire. L’armée chilienne s’équipe grâce aux revenus du cuivre, ce que n’apprécient guère ses voisins du Pérou et de la Bolivie. Et, comme le rappelle le Figaro, tout cela fait le bonheur de la Russie, qui empoche la majorité des contrats d’armement. Elle en vend presque autant en Amérique latine qu’aux temps glorieux de l’ex-URSS. Grâce à CHAVEZ, l’Amérique latine risque bientôt de danser sur un volcan et la désignation des Etats-Unis comme le grand Satan est une menace pour la paix mondiale. Cet homme est dangereux. Il serait temps que les démocraties ouvrent les yeux sur  le danger qu’il représente et cessent de lui faire des risettes.

 

Le 7 février 2008 

 

 

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