LES TRAVAILLEURS MANIFESTENT CONTRE LES SYNDICATS


Marseille est une des capitales de la grève et de la manifestation syndicaliste. Grève des éboueurs, des conducteurs de bus et de métro, des dockers… les Marseillais ont été contraints depuis longtemps à s’habituer à la dictature des syndicats dans leur ville, dictature qui a pu les laisser donc vivre dans l’ordure et la puanteur par exemple encore en plein été 2006, ou leur faire subir de véritables blocus pendant des semaines du fait de l’absence de transports dits « publics », blocus répétitifs qui ont pu asphyxier ainsi l’économie de la ville de manière parfaitement délibérée. En fait derrière les actions syndicales drapées dans le manteau de l’intérêt général, les Marseillais ont compris depuis fort longtemps que se cache la défense d’intérêts catégoriels.

Les associations Liberté chérie et Contribuables Associés ont organisé plusieurs manifs de « contribuables usagers » depuis 2003 pour lutter contre ces grèves.  Mais, malgré d'ailleurs le malheur qui se cache derrière, quel bonheur tout de même de voir enfin une manifestation de travailleurs contre les syndicats dans la ville du syndicalisme-roi jeudi dernier ! Quelle ironie de voir un défilé de travailleurs brûler des mannequins à tête de mort à l’effigie de la CGT ou de la CDFT ! Les travailleurs du dimanche de Plan de Campagne étaient là pour défendre leur liberté de travailler comme bon leur semble, contre la dictature des syndicats qui veulent les forcer à respecter le repos dominical. Depuis quelques mois déjà des affiches fleurissaient sur les vitres des magasins de la zone commerciale du nord de Marseille avec des slogans du genre : « Julie, 20 ans licenciée par les syndicats. Qui va payer pour mes études ? ». Nous avions signalé il y a quelques semaines la tragédie de ces gens à qui l’on interdit de gagner leur vie.

Ce que nous montre cette manifestation pour la liberté c’est que le syndicalisme français n’a en fait rien de populaire et est à la vérité profondément anti-démocratique. On savait déjà que les syndicats ne représentent plus grand monde dans ce pays (8 % des salariés…). Il est clair désormais qu’ils représentent souvent des intérêts contraires à ceux des travailleurs ! Comment pourrait-il en être autrement ? Le syndicalisme français est rongé par l’idéologie de la lutte des classes et le monopole institutionnel dont jouissent les grandes centrales. Parce qu’on a refusé la concurrence dans ce domaine, sclérosant d’emblée le contenu de l’offre, les syndicats n’ont pas été capable de rendre service aux salariés et ont perdu peu à peu leur clientèle.

La seule raison de la « puissance » du syndicalisme aujourd’hui est la lâcheté des hommes politiques qui considèrent les syndicats existants comme seuls « partenaires sociaux » légitimes, qu’il faut en outre financer : car en effet avec un  taux de syndicalisation aussi ridicule les centrales ne peuvent vivre que grâce aux subsides de l’Etat - autour de 70 millions d’euros pour la CGT ou la CFDT, ce qui n’est pas rien - et à la gestion – opportuniste - des caisses qui leur est confiée, c'est-à-dire grâce à de l’argent pris aux contribuables pour financer les manifs et grèves qui leur empoisonnent la vie et leur font perdre de l’énergie ou de l’argent ! En somme, voici une « industrie » nationalisée dont la production est essentiellement nuisible au public : le monde à l’envers ! Non : la France…

Emmanuel MARTIN

Le 15 février 2007

 

 

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