« UN DOGME ECOLOGISTE REMIS EN CAUSE : LE RECHAUFFEMENT CONTROVERSE »


Notre excellent confrère Valeurs Actuelles (N°3611) publie sous ce titre un dossier passionnant sur un thème « politiquement incorrect ». En effet, il est habituel de dire que la planète se réchauffe et qu’elle le fait sous l’action humaine, ce qui va remettre en cause tous les équilibres écologiques et humains et ce qui finira par menacer l’homme lui-même (sous entendu, il faut donc en finir avec la croissance et surtout critiquer les méchants Américains irresponsables qui ne veulent pas ratifier le protocole de Kyoto). Valeurs actuelles entend démontrer le contraire, rejoignant en cela les analyses de Jacques GARELLO qui, ici même, a plusieurs fois remis en cause le dogme écologiste.

Il est difficile de résumer l’enquête rigoureuse de Pierre KOHLER (6 pages), qui fait référence entre autres aux livres politiquement incorrects de Bjorn LOMBORG (L’écologiste sceptique, Le Cherche-Midi) et de Michael CRICHTON, (Etat d’urgence, un roman). Mais nous en retiendrons quelques extraits significatifs. Passons sur l’actualité immédiate : on n’a pas eu l’impression cet hiver dans l’Europe de l’Est que le climat se réchauffait…

Mais le climat n’est pas la météo de la dernière semaine. Le climat correspond à une moyenne des mesures météorologiques sur trente ans. « Comment dans ces conditions peut-on parler comme on le fait d’un réchauffement inéluctable sur la base d’à peine deux décennies. Cette affaire du réchauffement climatique a en effet commencé en 1968 et nous sommes donc loin d’avoir le recul suffisant pour tirer des conclusions certaines. Cette absence de visibilité nous interdit de savoir si l’évolution actuelle est un mouvement de fond ou temporaire ».

« Un léger réchauffement général du climat est certes bien enregistré, mais il ne s’est pas amorcé récemment. C’est en effet vers 1850 que prit fin ce qu’il est convenu d’appeler le petit age glaciaire et les températures ascendantes s’expliquent donc plus simplement par la reprise du réchauffement naturel, entamé bien avant cet incident de parcours ». Et si l’homme y participe, c’est dans de faibles proportions. D’ailleurs, on ne trouve nulle part l’évaluation chiffrée des contributions respectives de l’homme et de la nature. « Pourquoi donc faire comme si l’effet humain était dominant ? ».

Par ailleurs, on a mesuré que l’application du fameux protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre absorberait 9% du PIB mondial, « soit l’équivalent de ce qu’il faudrait pour résoudre le problème de l’eau potable dans le tiers-monde ». « Si la contribution humaine au réchauffement est marginale, noyée dans une inéluctable remontée naturelle, pourquoi pénaliser inutilement nos économies par des mesures contraignantes et coûteuses. C’est l’argument qui a dicté l’attitude des Américains. Leur refus de signer Kyoto n’est pas en soi une volonté délibérée de continuer à polluer, surtout quand on sait qu’aucun autre pays ne consacre un budget aussi important à la protection de l’environnement ».

C’est « en tous cas une véritable guerre qui est déclarée entre les chercheurs affirmant que le réchauffement climatique est normal et naturel et ceux qui accusent l’homme de le provoquer, fédérés sous la houlette du groupement intergouvernemental d’étude du climat (GIEC). ». Ces derniers semblent largement prisonniers de la pensée unique. Et la thèse du réchauffement est dominante. Mais, en science comme ailleurs, la vérité n’est pas faite par la majorité et on a eu bien des exemples dans l’histoire de minorités de savants ayant raison contre le plus grand nombre. Mais la guerre est dure et les climatologues dissidents sont carrément exclus.

Or la courbe de température présentée par le GIEC a une source unique (l’université britannique d’East Anglia). Est-ce bien raisonnable ? Et l’on utilise une moyenne, au lieu de prendre des points judicieusement repartis à la surface du globe. La hausse moyenne serait de 0,6°C pour les cent quarante dernières années, ce qui est bien faible alors que, entre une glaciation et un intermède chaud, il y a 6°C. Et si réchauffement il y a, rien ne dit que l’homme y soit pour quelque chose. Les modèles utilisés pour les prévisions reposent sur des hypothèses très contestables, comme le doublement du taux de gaz carbonique au cours du XXI° siècle.  Et la fourchette d’incertitude dans les prévisions est énorme, ce qui fait qu’en réalité on n’en sait rien.

L’enquête de Valeurs actuelles démonte bien d’autres arguments, depuis la question des atolls jusqu’à la fonte des glaciers ou les dérives d’icebergs. En fait « le réchauffement climatique- sous entendu provoqué par l’homme- apparaît finalement comme un prétexte pour imposer l’idée qu’il faut découpler la notion de bien-être de la consommation d’énergie ». C’est simplement devenu un thème fédérateur pour dire qu’il faut sauver la planète et que les écologistes -et les technocrates ajoute Valeurs actuelles- sont là pour cela. Voilà en tous cas une analyse qui nous repose du politiquement correct en matière d’écologie. La pire des pollutions, c’est la pollution intellectuelle : cet article apporte un peu d’air frais.

 

 

Le 24 Février 2006  

 

 

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