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On a beaucoup
parlé, il y a quelques semaines, de la dette publique française :
1 100 milliards d’euros en tout, et même 2 000 si l’on tient
compte des retraites des fonctionnaires. Sur cet ensemble, une part importante
représente la dette négociable, celle qui est détenue sous forme de titres
que l’on peut vendre sur un marché (comme la bourse). Il s’agit essentiellement
de trois sortes de titres : les BTF (à court terme), les BTAN (à
moyen terme) et les OAT (à long terme. On vient même d’en émettre récemment
à échéance de 50 ans !). Selon notre
confrère Les Echos, qui fait état des premières estimations de la Banque
de France, il semble que les investisseurs internationaux, donc l’étranger
en général, les non-résidents, détiendraient 56% de cette dette négociable,
soit 385 milliards d’euros de titres. Et cette part ne cesse de croître
année après année. Comme le disent Les Echos, la dette de la France fait
donc des heureux. Ce chiffre n’a rien d’étonnant, puisque l’on sait par
ailleurs que l’étranger (par exemple les fonds de pension américains)
détient environ 50% des valeurs du CAC 40. Certains se
scandalisent de cette situation. Il faut au contraire se réjouir du fait
que nous soyons dans une économie ouverte ; sans cela nous aurions
eu bien du mal à financer cette dette publique. Le scandale, c’est le
montant de la dette publique que nous léguons ainsi à nos enfants, mais
ce n’est évidemment pas le financement extérieur. Cela prouve que jusqu’à
maintenant la signature de la France était encore reconnue, ce qui pourrait
changer, comme nous l’avons plusieurs fois expliqué, si la dette publique
continuait sa dérive actuelle : notre note pourrait s’en ressentir
et avec elle les achats de titres par les étrangers. Mais il y a
un autre risque, politique celui-là, c’est que par des déclarations, a
fortiori par de mesures intempestives, nous fassions fuir ces investisseurs
étrangers. Laissons entendre, comme certains gauchistes, que la dette
pourrait au fond ne pas être payée, ce qui serait le plus sur moyen de
ne pas avoir à la rembourser… et nous sommes sûrs de nous trouver dans
la minute en état de cessation de paiement, les capitaux fuyant immédiatement
la France. Or il se trouve
que, sans aller jusque là, certaines déclarations socialistes sont très
inquiétantes. Car elles viennent d’un parti de « gouvernement »,
qui pourrait très bien se retrouver aux affaires après les élections de
2007. Nous en voulons pour preuve un article hallucinant publié dans Le
Monde par trois membres du Conseil national du Parti socialiste, Jean-Jacques
CHAUVIGNE, Marc DOLEZ et Gérard FILOCHE, sous le titre « nos enfants
ne sont pas égaux devant la dette publique ». En effet, on
dit habituellement, nous les premiers, que la France donnera en héritage
à ses enfants une dette de 1 100 (ou 2 000 milliards d’euros), à
rembourser donc par la génération suivante. Faux, pour nos bons socialistes,
car il faut compter avec tous ceux qui ont acheté les titres de cette
dette et qui perçoivent des intérêts : « Il y a ceux qui ploient
sous le fardeau et ceux qui en perçoivent les intérêts. En 2006, les créanciers
toucheront 39 milliards d’euros, six fois le budget de la justice ! ». « Les
créances de la dette publique sont donc aux mains des rentiers. Ceux dont
François MITTERRAND affirmait qu’ils s’enrichissent en dormant ».
Et, pire encore, qui vont transmettre ces créances à leurs enfants !
A bas l’héritage. La gauche revient
ainsi à 1792 : les assignats, titres publics gagés sur la vente des
« biens nationaux » et destinés à effacer la dette publique,
ont en quelques mois perdu toute valeur.
Le 9 Février
2006
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