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La semaine dernière,nous avions souligné la légère amélioration
du budget de l’Etat (« Le retour de
la cagnotte »), dont le déficit s’est légèrement réduit, grâce
à une hausse de la fiscalité, ce dont on ne saurait se vanter. Mais
nous avions aussi souligné un paradoxe : en dépit de cette réduction
du déficit du budget de l’Etat, le déficit
des finances publiques en général restait inchangé en France, à 3,6%
du PIB. Comment est-ce possible ? C’est tout simplement parce
que les comptes sociaux comme ceux des collectivités locales connaissent
une nouvelle dérive et que leur détérioration vient compenser exactement
l’amélioration -toute relative- des comptes budgétaires. La situation
de l’ensemble des finances publiques est donc toujours aussi détériorée,
par ce principe de vases communicants. Un article du Figaro économie permet d’y voir plus
clair et de quantifier ce paradoxe. La France continue à déclarer
le même déficit à Bruxelles, tout en se félicitant sur le plan intérieur
de l’amélioration de la situation budgétaire. Ce grand écart s’explique
d’abord par la détérioration des comptes des collectivités locales.
En 2004, celles-ci auraient une dépense supérieure de 1,5 milliards
d’euros à la prévision faite en début d’année. Et encore, cette situation va-t-elle fortement se
dégrader en 2005, en particulier, comme nous l’avons montré, du côté
des régions. Les folles dépenses des nouvelles majorités socialistes,
conséquences de leurs promesses électorales, entraînent non seulement
une explosion de la fiscalité régionale (jusqu’à 50% en une seule
année dans certaines régions), mais encore une explosion de l’endettement
public, ce qui permet de différer le coût de ces dépenses sur les
générations suivantes. Bien entendu, la gauche explique cette explosion
de la fiscalité locale par la décentralisation (qui pour l’essentiel
n’a pas encore produit ses effets) ; mais comme par hasard l’Alsace,
qui n’a pas basculé à gauche, est la seule région dont la fiscalité
n’augmente presque pas. C’est donc un impôt ROYAL, HUCHON ou VAUZELLE
que nous subissons. Mais l’essentiel de la dérive des finances publiques
en général vient des comptes sociaux. C’est ainsi que Le Figaro rappelle
que la loi de financement de la Sécurité sociale prévoyait il y a
un an un déficit de 11,2 milliards du régime général en 2004. Or ce
sera finalement 13,5 milliards. Les dépenses maladie en particulier
augmentent plus vite que l’objectif voté, comme un rituel inutile,
par le Parlement. Et les prestations agricoles auront à elles seules
un déficit supérieur aux 840 millions prévus. Que dire de l’assurance-chômage, dont le déficit
devait être de 1,2 milliards en 2004, et qui atteindra finalement
plus de 4,3 milliards d’euros, signifiant que nous finançons nos chômeurs
à crédit. L’UNEDIC se contente de dire qu’elle a sous-estimé le décalage
entre la reprise économique et celle de l’emploi, plus tardive qu’espéré :
qu’en termes galants ces choses-là sont dites. Ne parlons pas du fonds
de solidarité vieillesse, qui finance les droits de retraite des chômeurs,
dont le déficit a lui aussi augmenté, ce qui pèse sur la trésorerie. Bilan total : cet accroissement des déficits
des comptes sociaux et des collectivités locales vient compenser la
timide amélioration des comptes du budget de l’Etat.
Voilà pourquoi le déficit public total reste toujours aussi élevé
et toujours en dehors des critères autorisés par les accords européens.
Tout va très bien, Madame la Marquise.
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