![]() |
||||||||||||
|
Le Monde reprend
la longue litanie des griefs européens contre la France dans ce domaine.
D’abord, la Commission européenne a menacé la France de sanctions
financières si elle continue à ne pas tenir compte de plusieurs arrêts
de la Cour de justice l’invitant à transposer dans sa législation
plusieurs directives sur l’environnement. C’est ainsi que nous avons
été condamnés six fois entre septembre 2001 et juillet 2004, à l’initiative
de la Commission, sans réagir le moins du monde. Nous voilà mis en
demeure de nous acquitter de nos obligations. Nous voilà blâmés
pour une mauvaise transposition de la directive Habitats de 1992,
qui obligeait les Etats à proposer avant 1995 une série de sites destinés
à constituer un réseau de protection écologique (Natura
2000). Les listes fournies sont incomplètes et empêchent de protéger
une douzaine d’habitats et d’espèces. Dernier avertissement également
pour l’application de la directive oiseaux sauvages de 1979. Nous
n’avons pas désigné suffisamment de zones protégées (2,6% du territoire
au lieu de 8%). Par ailleurs,
notre transposition d’une directive de 1990 sur la liberté d’accès
à l’information en matière d’environnement est jugée par la Cour trop
restrictive. En particulier, l’administration peut, à tort, refuser
la communication d’un document parce que celle-ci porterait atteinte
« de façon générale aux secrets protégés par la loi ». Paris
a corrigé son texte, mais a oublié une disposition obligeant les pouvoirs
publics à fournir dans les deux mois les motifs de ce refus. On pourrait
aussi citer trois autres législations donnant lieu à un premier avertissement.
Cela va des organismes génétiquement modifiés au déversement de substances
dangereuses dans l’eau, en passant par les déchets des véhicules hors
d’usage. Peut-être trouvez-vous ces réglementations européennes en
matière d’environnement ubuesques ou liberticides, suivant les cas ?
Nous aussi, rassurez-vous. Mais nous avons un raisonnement simple :
ou, comme les écologistes qui nous gouvernent, à l’Elysée et ailleurs,
on approuve ces textes, et il faut alors les appliquer et respecter
la signature de la France. Ou, comme nous, on désapprouve ces textes,
et dans ce cas il ne fallait pas les accepter et les signer au niveau
européen. Mais approuver ces textes et ne pas les appliquer, c’est
tout de même un comportement étrange. La signature de la France n’est
plus honorée.
| ||||||||||||