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Cocorico. Le déficit de l’Etat recule de 13 milliards en un an. Comme le souligne le ministre délégué au budget, Jean-François COPE, c’est « la plus forte réduction jamais enregistrée ». Finis les déficits et l’endettement de la France. La bonne gestion gouvernementale a fait reculer les déficits et c’est tout juste si on ne se demande pas ce que l’on va faire de tout cet argent. N’y a-t-il pas là une nouvelle « cagnotte », comme au temps de M. JOSPIN ? Restons calmes et regardons objectivement les chiffres. Il est vrai que le déficit du budget de l’Etat était en 2003 de l’ordre de 57 milliards (56,9 exactement). Selon les dernières informations fournies par le ministère des finances, celui de 2004 sera sans doute de 43,9 milliards d’euros. Cela fait bien 13 milliards de moins. Mais le budget qui avait été voté à l’automne 2003, pour 2004, n’était évidemment pas le même que le budget 2003. Son déficit était prévu en légère réduction, à 55,1 milliards. Plus prés de nous, lors du collectif budgétaire de l’automne 2004, ce déficit s’était réduit, passant à 49,4 milliards. Voilà que, tous comptes faits, fin janvier 2005, le déficit pour 2004 s’établit finalement à 43,9 milliards. Il est donc inférieur d’environ 11,2 milliards au déficit initialement prévu. Il y a là tout d‘abord une erreur de prévision de l’Etat, facilement compréhensible. Pour 2003, le gouvernement avait surestimé la croissance -et donc les recettes qui vont avec- d’où un déficit plus grand que prévu. Echaudé par cette expérience, le gouvernement a fait l’inverse pour 2004, en minimisant la croissance : l’estimation du déficit a été faite sur la base d’une croissance du PIB de 1,7%, alors que, poussé par la croissance mondiale, le PIB français aura finalement progressé d’un peu plus de 2% : d’où un surcroît de recettes et un moindre déficit. Ce n’est pas le fruit d’une bonne gestion, c’est le fruit d’une erreur de prévision. Ensuite, il faut voir d’où vient cette réduction du déficit. Les dépenses budgétaires ont correspondu aux prévisions (à l’aide de quelques reports sur 2005). C’est donc du coté des recettes que se trouve l’explication. L’Etat a encaissé 9,93 milliards de recettes de plus que prévu, et en particulier 9,165 milliards pour les seules recettes fiscales. Autrement dit, la réduction du déficit n’a pas été obtenue par une bonne gestion (c'est-à-dire par une réduction des dépenses, qui sont restées au niveau aussi élevé que prévu au départ), mais par une progression des impôts. Y a-t-il de quoi se féliciter ? C’est autant d’argent en plus qui est passé des mains des ménages et des entreprises dans celles de l’Etat et qui n’a pas pu être utilisé dans le secteur privé (on constate en particulier plus d’impôts sur les sociétés et plus de TVA). Faut-il être fier d’avoir ainsi ponctionné davantage les Français, en particulier, selon le ministre, à cause du progrès du recouvrement (paiement mensuel, etc …). Mais tout cela n’est pas le fond du problème. Il reste pour l’année 2004 un déficit de 43,9 milliards d’euros, ce qui est encore considérable. Ce déficit a nécessité de nombreux emprunts nouveaux, qui viennent s’ajouter à l’endettement déjà faramineux de la France (environ 1200 milliards d’euros). Comment appeler rigueur et bonne gestion ce qui est encore et toujours du laxisme. En outre, la vraie rigueur ne consiste pas à faire payer plus d’impôts aux ménages et aux entreprises, mais à réduire les dépenses publiques. Or celles-ci ont progressé exactement comme prévu dans la loi de finances ; pas question de recul des dépenses publiques donc. La rigueur, c’est pour les ménages et les entreprises, pas pour l’Etat. Enfin, ce que nos ministres ont négligé de rappeler, c’est qu’en dépit de cette réduction de 13 milliards du déficit de l’Etat, le déficit public de la France n’a pas varié d’un pouce. Il est toujours de 3,6% du PIB, au delà des chiffres autorisés par les traités européens. Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que, pendant que l’Etat maîtrisait un petit peu son déficit (mais de mauvaise façon), les comptes sociaux et ceux des collectivités locales étaient, eux, à la dérive. Et leur déficit s’accroissait en 2004 autant que celui de l’Etat diminuait. Résultat : notre déficit public total lui, ne s’est pas réduit d’un euro. Faut-il être si fier d’un si bon résultat ? Quant à la fameuse cagnotte, d’une part elle est nulle au niveau global, les nouveaux déficits sociaux et locaux compensant la diminution de ceux du budget de l’Etat. De l’autre, la « cagnotte » du budget de l’Etat a été totalement affectée à la baisse du déficit. L’heure est donc moins que jamais aux dépenses nouvelles, mais bien au recul des dépenses publiques.
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