![]() |
||||||||||||
|
Il s’agit du budget à long terme de la Commission européenne, qu’il faut prévoir dès maintenant pour la période 2007-2013. Et que propose M. PRODI et l’ensemble de la Commission européenne ? Une hausse des dépenses européennes de 36% ! Voilà ce que Romano PRODI a présenté aux députés européens. Et cela au nom du financement de l’Europe élargie. Et, bien entendu, ces ressources viendront des Etats européens, c'est-à-dire de leurs citoyens-contribuables. Pourtant, au
mois de décembre, six pays dont la France (mais oui), l’Allemagne et la
Grande-Bretagne, ce qui n’est pas rien, pays essentiellement contributeurs,
avaient adressé un message de rigueur budgétaire à R. PRODI. Ils voulaient
que le budget européen soit limité à 1% du PIB, alors qu’il va atteindre
dans le projet PRODI, 1,22% : cela représente un passage des dépenses
de 116 milliards d’euros à la fin de l’actuel exercice (2000-2006) à 150
milliards en 2013, soit le plafond maximal fixé par les traités. Pas question de toucher à la Politique Agricole Commune, qui représente à elle seule 43 milliards d’euros, sans compter l’environnement et le développement rural : en tout 37% du budget. Mais c’est surtout la politique « de solidarité régionale » qui va devenir la première des politiques européennes : les sommes dépensées passeront de 37 milliards d’euros à 50 en 2013. Les dix pays de l’élargissement vont recevoir chaque année jusqu’à 4% de leur PIB d’aides de Bruxelles et la moitié du budget régional européen. Car une partie des actuels adhérents recevra aussi sa part d’aides régionales, grâce à un régime transitoire. De plus Michel BARNIER veut aussi accorder certaines aides aux régions riches : tout le monde veut toucher et personne ne veut payer… On comprend que les Allemands, qui sont les premiers contributeurs, en aient assez de payer pour les autres. Et puis il faut aussi financer l’éducation, les réseaux de transports, l’énergie, les télécommunications : ce sont des budgets qui, en moyenne, vont tripler, passant de 7,7 milliards à 24 milliards. Comme le dit joliment Le Monde « Cette réforme sera délicate à mettre en œuvre car elle ne peut se faire que de manière centralisée et risque de conduire à une inflation de la bureaucratie bruxelloise ». En effet… Et puis il y a aussi l’espace « de liberté, de sécurité et de justice », avec une police des frontières communes, sans oublier l’aide extérieure de la Commission, soit plus de 10 milliards d’euros. Bref, tout augmente parce que tout est prioritaire. Comme le souligne encore Le Monde « En présentant un budget élevé, M. PRODI a satisfait toutes ses baronnies, qui voient leur budget exploser ».Il est vrai que la Commission est sortante et qu’elle veut faire ses adieux en beauté. Mais le parlement lui aussi est sortant et son Président Pat COX a apporté son soutien à M. PRODI en récusant l’idée d’une « Europe au rabais » car l’Europe « va atteindre l’age adulte et a besoin de plus que de l’argent de poche ». Il est vrai que les élections européennes approchent et qu’il faut bien attirer l’électeur avec quelques cadeaux. Mais quel visage veut-on donner à l’Europe élargie à 25 ? Si c’est celui d’un super-Etat redistributeur, les instances européennes vont dévorer en effet des budgets de plus en plus gros et cette croissance sera sans limite, comme sur le plan national. Cela valait-il la peine d’y adhérer de la part des pays d’Europe centrale et orientale, moins de quinze ans après la chute du mur de Berlin ? Viennent-ils seulement chercher des subventions ? Cette Europe là, celle de M. PRODI et des hommes politiques, c’est celle des impôts et des politiques communes et nous n’en voulons pas. Dans l’Europe que nous voulons, il n’y a ni budget PAC, ni budget de solidarité régionale, ni politique de grands travaux ; il n’y a qu’une chose infiniment plus précieuse, qui ne coûte rien au contribuable, qui n’a pas besoin du budget PRODI, mais qui rapproche les peuples et crée de la prospérité : la liberté.
| ||||||||||||