DEFICIT DU BUDGET : 3% OU 18% ?


Le dérapage des finances publiques françaises se poursuit. Pour l’année 2002, les résultats définitifs sont encore pires que prévu et le déficit, qui devait s’élever à 46 milliards d’euros (et même à 30 milliards selon la loi de finances votée fin 2001…), ce qui nous a déjà valu les foudres de Bruxelles, s’est finalement établi à 49,3 milliards. C’est 324 milliards de Francs, soit en moyenne 13 500 Francs par ménage français et par an.


Avec ce chiffre record depuis 1995, compte tenu des autres déficits publics (comme ceux de la sécurité sociale par exemple) la France a sans doute atteint, voire dépassé, les fameux 3% auxquels Bruxelles -et les traités européens- accordent tant d’importance. Mais déjà, à l’annonce du seul déficit budgétaire, le Commissaire européen Pedro SOLBES a fait savoir que cela justifiait l’avertissement précoce émis fin janvier contre la France et a prévenu qu’en cas de dépassement -probable- des 3% une procédure pour déficit excessif serait automatiquement ouverte contre la France.


Pourtant, à force de calculer le déficit en proportion du produit intérieur brut, comme nous y invite le traité de Maastricht, on en vient à oublier l’ampleur réelle du déficit budgétaire. Le mesurer par rapport au PIB français est insuffisant, car pour mesurer l’ampleur réelle du déficit, on doit aussi le comparer aux dépenses publiques, en l’occurrence à celles du budget de l’Etat. Le déficit budgétaire pour 2002 étant de 49,3 milliards d’euros et les dépenses publiques s’élevant à 274 milliards d’euros, le déficit représente 18% du budget… La France est dans la situation d’un ménage qui aurait 2000 euros de dépenses et qui en gagnerait seulement 1640 : cette situation pourrait-elle durer longtemps ?


Aymeri de Montesquiou, vice-président de la commission des finances du Sénat, fait remarquer dans les Echos que ce déficit doit être compensé par l’emprunt : « La France emprunte chaque jour 300 millions d’euros pour combler son déficit et pour rembourser sa dette. La génération à venir devra payer le remboursement de ces emprunts. La gestion précédente a financé près d’un cinquième du budget chaque année en empruntant » (Ajoutons que le nouveau gouvernement a fait exactement pareil en 2002, comme JOSPIN les cinq années précédentes). «  Conséquence : en cinq ans, le stock de la dette a progressé de 34% ! Pour mémoire, elle a été multipliée par cinq depuis 1981 en euros constants. Comment, à long terme, la situation ne deviendrait-elle pas insoutenable, si elle ne l’est déjà ? ». N’oublions par, par exemple, que la dette publique représente environ 15000 euros par Français, bébés compris…C’est un bel héritage que nous laissons aux générations futures. Il est grand temps de remettre de l’ordre dans les dépenses publiques et d’en finir avec cette dérive. Ce n’est pas un problème seulement entre le gouvernement français et Bruxelles ; c’est désormais un problème majeur pour la France et les Français.


Le 19 Février 2003