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| GRANDES ECOLES : LA DISCRIMINATION POSITIVE S’INVITE Elles étaient solidement installées dans la société française. Les meilleurs bacheliers se pressaient à leurs portes. Leurs anciens élèves tenaient le haut du pavé économique, administratif et politique. Elles avaient une réputation internationale et leurs diplômes étaient reconnus dans les grandes universités du monde entier. Elles s’appelaient les grandes écoles françaises. Ce sera bientôt fini. Le gouvernement « réformateur » n’a pas épargné ces fleurons de l’enseignement supérieur. Après tout, il n’y avait aucune raison pour qu’elles continuent à porter ombrage aux universités. Les universités n’accueillent pas les meilleurs, mais le tout venant. Certains de leurs départements sont des usines à chômeurs. Leurs diplômes n’ont qu’une faible valeur, et la première d’entre elles se traîne dans les profondeurs du classement mondial de Shangaï. Le secret de l’échec des universités et du succès des grandes écoles tient en un mot : sélection. Dans un cas, une simple peau d’âne dévaluée appelée baccalauréat permet d’entrer en faculté, et de poursuivre un cheminement facilité par des modalités laxistes d’examens et de contrôles de connaissances. Dans l’autre cas, les bacheliers doivent s’astreindre à des efforts soutenus dans les classes préparatoires et se soumettre à des concours d’entrée réputés impitoyables. Après avoir cassé ce qui restait de l’édifice universitaire avec sa folie des grandeurs, Madame Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur, s’est mise en peine de démolir les grandes écoles. Elle a abordé le problème par le bon bout, celui de la justice sociale. Il fallait culpabiliser les grandes écoles, les désigner à la vindicte populaire en les taxant d’élitistes. Voilà donc lancée l’idée d’un quota de boursiers, tant dans les classes préparatoires que dans l’admission aux grandes écoles. Et, pour que le fossé entre universités et grandes écoles soit comblé, quoi de plus inventif que d’intégrer les classes préparatoires dans les universités ? Naturellement la conférence des présidents d’université y est très favorable. Il faut de la diversité sociale en tout et partout. Le
principe de la discrimination positive n’a pas été inventé par le gouvernement
français actuel, même si dès le début de son mandat le Président de L’argument de nos réformateurs consiste à dire que la sélection par l’argent est inadmissible. C’est sans doute un sentiment largement partagé. Mais deux remarques doivent être faites. D’une part, exclure des candidats au prétexte qu’ils sont issus de familles plus « aisées » est également inadmissible, or dans un concours où des places sont réservées, le nombre de places restantes est limité ! D’autre part, il faudrait démontrer que les grandes écoles font une sélection par l’argent plutôt que par le mérite, le travail et les connaissances. Exigent-elles la déclaration de revenus des parents ? Quant à la fable suivant laquelle les seuls boursiers ont du mérite parce que leurs parents ont de faibles revenus, elle est démentie par l’origine des plus brillants des anciens élèves. Des familles très modestes se sacrifient pour permettre à leurs enfants de faire des études supérieures, et c’est parce qu’elles sont modestes qu’elles font ce sacrifice, parce qu’elles savent que le diplôme sera la clé de la réussite professionnelle et sociale de leur enfant. Remplacez le sacrifice des parents et le travail des enfants par un droit à la grande école (DGE) et vous verrez que, comme dans les universités, les enseignements et les diplômes se dégraderont, et la revanche du mérite sur la condition sociale ne sera plus qu’un souvenir à jamais perdu. Hayek a démontré que la seule justice sociale n’était pas une justice de résultat, mais une justice de procédure. Le quota donne un résultat injuste. Le processus juste est la sélection par la qualité. Le 13 Janvier 2010
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