« L’ÉCONOMIE, UNE FILIALE A 100% DE L’ENVIRONNEMENT »


Si 2009 doit être l’année de la crise et de la récession, elle risque fort d’être aussi l’année de l’environnement.  Au niveau de la France on continuera sans doute à décliner les accords de Grenelle, et leur suite de règlementations. Mais aux niveaux européen et mondial, 2009 se terminera par les négociations de Copenhague, à la recherche d’un nouvel accord remplaçant le fameux protocole de Kyoto.

Pour savoir où veulent nous mener les écologistes, on examinera avec intérêt les déclarations de Jacqueline McGlade. Cette scientifique britannique dirige la puissante Agence européenne pour l’environnement (AEE), basée au Danemark, qui regroupe 170 « experts », pour étudier l’état de l’environnement dans l’Union européenne, et évaluer les politiques menées pour le compte de la Commission, du Parlement et des Etats membres. Cette agence, aux moyens puissants, est financée par l’Union européenne, mais se veut indépendante dans ses analyses.

Jacqueline McGlade a compris que « l’influence des citoyens en 2009 sera cruciale. Ils doivent être informés de ce qui va se passer en décembre à Copenhague ». « Les citoyens entendent parler de changement climatique, mais ils n’ont pas une idée claire des enjeux. Notre objectif est de rendre ceux-ci plus accessibles pour redonner du pouvoir aux citoyens. L’enjeu est considérable. Nous sommes en train de nous écarter dangereusement de notre trajectoire de sécurité. Nos émissions de gaz à effet de serre croissent encore plus vite que dans les scenarios les plus pessimistes ». Donc, le premier souci de l’Agence sera d’intensifier la désinformation sur « l’état de la planète ». Comment faire face à cette puissante machine à broyer du noir ? Il ne manque pourtant pas de travaux scientifiques pour contester les thèses vertes, mais ils ne sont ni diffusés ni relayés par la classe politique : le « politiquement correct » est peint en vert, si l’on excepte quelques rares initiatives comme celle du Président Vaclav Klaus avec son ouvrage « Planète bleue enchaînée par les Verts », bientôt publié en français.

Une fois les citoyens persuadés de l’ampleur du changement climatique, les lobbies environnementaux vont passer à la seconde étape. « Chaque degré compte. Notre objectif est de stabiliser la hausse des températures à deux degrés supplémentaires ». Objectif remarquable quand on sait qu’en réalité la hausse des températures sur un sicèle aura été de 0,6 ! Mais objectif qui permet de crédibiliser une nouvelle société : même avec deux degrés de plus « nous ne vivrons pas de la même manière, y compris en Europe ». Par exemple, l’eau ne sera plus autant disponible, l’agriculture ne pourra être la même, l’industrie touristique devra évoluer. Il faudra donc, de gré ou de force, changer nos comportements. Mais qu’on se rassure, cela entraînera des économies, par exemple, selon l’AEE, 45 milliards d’économies sur les services de santé en Europe chaque année. Qui refuserait une telle manne ?

Bref, la crise offre une opportunité « pour restructurer l’économie, repenser les fondamentaux. Nous ne devons pas reconstituer le modèle économique précédent. Le New Green Deal dont parle Barack Obama, qui doit déboucher sur la création de nombreux emplois verts, ne fonctionnera pas si l’on se contente de remplacer des voitures à essence par des voitures qui roulent aux carburants renouvelables. L’économie doit être considérée comme une filiale à 100% de l’environnement et le prix que nous donnons aux choses réévalué ».

Tout est dit : l’économie doit donc être soumise totalement à l’environnement, devenu seul critère des choix. Définis par qui ? Par les « experts ». Voilà la société technocratique parfaite. Les prix ne doivent plus refléter l’offre et la demande, les choix libres, mais les coûts réels. Mesurés par qui ? Par les experts.  Avec ces « vrais » prix, on verra que le libre commerce est dans la majorité des cas une erreur, même au sein de l’Europe. On consommera sur place des produits locaux, comme dans l’économie primitive. Bien sûr, le commerce sera libre, mais il obéira aux coûts définis par les experts, qui démontreront qu’en général il est inutile.

C’est Big Brother dans toute sa splendeur. Nous serons libres d’obéir aux experts qui auront décidé pour nous. Car nous, nous sommes ignorants et irresponsables, tandis que les experts, sont infaillibles et savent toujours ce qui est bon pour nous. C’est beau comme du Saint Simon : on nage en plein socialisme utopique. Le gouvernement des savants.

Le 21 janvier 2009

 

   
 
  

 

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