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Le traité sur l’Union européenne (Traité de Lisbonne)
qui remplace la constitution européenne, devrait donc être ratifié peu
à peu par les divers Etats des 27, puisque l’on a pris soin de ne pas
demander l’avis des citoyens. Le « nouveau »
traité a repris une disposition qui figurait dans le projet de constitution :
la création d’un Président de l’Union. Il sera président du Conseil européen,
fonction exercée aujourd’hui de manière tournante (tous les six mois)
par le président ou le premier ministre de l’Etat à qui revient la présidence
de l’Union. Désormais, il y aura un président du conseil nommé
pour deux ans et demi (et rééligible une fois), distinct des chefs de
gouvernements ou des présidents nationaux. Il ne pourra exercer parallèlement
aucun mandat national. En revanche, il pourrait exercer un autre mandat
au sein d’une autre institution européenne ;un
jour peut-être les fonctions de président du conseil européen et de président
de la Commission seront exercées par une même personne. Compte tenu des délais de ratification, le premier
président devrait être nommé en 2009, mais la France, qui va présider
l’Europe au second semestre 2008, souhaite accélérer le processus, pour
que la nomination puisse se faire ou au moins se préparer pendant qu’elle
dirige l’Union. Les mauvaises langues prétendent que Valery GISCARD
d’ESTAING, qui présidait la convention rédigeant la constitution, aurait
créé cette présidence parce qu’il se serait bien vu lui-même dans le rôle.
Mais le rejet de la constitution en 2005 a
contrarié ce projet et en 2009 GISCARD ne semble plus assez jeune pour
y prétendre. Occasion manquée. SARKOZY a donc assez clairement avancé le nom de
son nouvel ami Tony BLAIR, qu’il avait invité à la dernière réunion de
l’UMP. A vrai dire, pour les libéraux, ce choix n’est pas stupide, car,
si BLAIR n’est pas libéral, mais social-démocrate, beaucoup d’aspects de sa politique l’ont été
et il a eu l’intelligence de ne pas rompre avec les réformes fondamentales
mises en place par Margaret THATCHER. A peine BLAIR était-il sorti du chapeau que certains
hommes politiques ont entamé le jeu de massacre. GISCARD le premier, puisque
personne n’est digne de remplir une fonction créé pour lui et parce que,
dixit VGE, le futur président « doit appartenir à un pays qui respecte
tous les engagements européens » ; BALLADUR lui a emboité le pas, en expliquant
que l’ancien premier ministre anglais était beaucoup trop proche des Etats-Unis,
et que sa politique étrangère n’était pas acceptable. Le président des
députés socialistes au parlement européen, un allemand du SPD, y est allé
de son couplet : BLAIR gagnerait mieux sa vie dans le privé ! Pour leur part, les socialistes espagnols voient
la candidature BLAIR d’un bon œil : elle permet d’écarter un autre
prétendant, un vrai libéral celui ci, leur compatriote José Maria AZNAR.
Un autre prétendant possible, le président de l’Eurogroupe, l’inamovible
premier ministre (doyen des chefs de gouvernement en exercice) (et ministre
de l’économie) du Luxembourg, Jean-Claude JUNCKER, qui a l’avantage de
ne chagriner personne, car il provient à la fois d’un tout petit pays
et d’un des pays fondateurs du Marché commun en 1957. De plus, son étiquette
de chrétien-démocrate modéré (parti chrétien social luxembourgeois exactement)
n’effarouche pas grand monde. Son ancienneté lui permet de connaitre tout
le monde et les Français ne sont pas hostiles à ce diplômé en droit de
l’Université de Strasbourg. D’autres noms sont encore avancés : le belge
Guy VERHOFSTADT, l’ex-président polonais Aleksander KWASNIEWKI, le premier
ministre irlandais Bertie AHERN. Il y en a pour tous les goûts, même si
la plupart des noms avancés sont plutôt ceux de libéraux. Mais la gauche
contre-attaque en disant que si les européennes de 2009 étaient remportées
par la droite, le président de la commission serait de droite (à nouveau
BARROSO sans doute) et qu’il faudrait équilibrer avec un président du
conseil de gauche, naturellement. Voici donc les premiers balbutiements de «l’Europe
politique ». Il y a de quoi se réjouir, et nous confirmer dans l’idée
que cette Europe-là est faite pour les politiciens et leurs jeux, dont
le plus courant est de se massacrer. Au nom du bien commun européen, bien
évidemment.
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