SAINT FARC ET SAINT CHAVEZ


Le feuilleton des otages des Farc s’est poursuivi bien au-delà de la libération des deux colombiennes enlevées depuis plusieurs années. Comme beaucoup d’observateurs, nous n’en avons guère parlé à ce jour, l’attitude digne consistant avant tout à se réjouir de cette libération et à souhaiter celle des autres otages. Mais le tapage médiatique s’est prolongé, et nous pouvons maintenant rompre notre silence. Certes, il faut savoir se taire quand des vies humaines sont en jeu, mais il y a des limites à tout.

La première limite a été franchie par CHAVEZ, l’ami de CASTRO, qui ne songe qu’à exporter sa révolution et son idéologie marxiste. Il s’est placé de lui-même au centre des négociations, contre l’avis du gouvernement colombien. Pourquoi ? Parce qu’il est politiquement proche de la guérilla marxiste des Farc. La mise en scène de la libération des deux otages, leur exploitation médiatique à outrance, la propagande qui s’est déversée pendant ces jours où elles ont dû rester au Venezuela avant de rentrer dans leur pays, tout cela est indécent. Ce n’était que prétexte à propagande idéologique.

Mais CHAVEZ a franchi toutes les bornes en demandant au monde entier d’affirmer que les Farc ne devaient plus être considérés comme « un mouvement terroriste » : il fallait les retirer « de la liste des organisations terroristes ». Comment faut-il appeler des hommes qui, dans un pays, pour des raisons idéologiques, prennent les armes, utilisent les moyens les plus ignobles, y compris l’enlèvement de centaines d’innocents, les torturent, les gardent prisonniers, les maltraitent, et se financent par des rapts et par le commerce de la drogue ? S’agit-il de Gentils Organisateurs ? De démocrates pacifiques ? Faut-il applaudir et soutenir ouvertement les FARC, comme l’a fait le Ministre vénézuélien de l’Intérieur en disant au commando « libérateur »: « Nous restons très attentifs à votre lutte, gardez le moral » ?

Reconnaître que les FARC ne constituent pas une organisation terroriste, c’est accepter la perversion du langage, c’est donner le signe que l’on est prêt à céder sur tout, face à la violence. Après la visite du Président URIBE çà Paris, Nicolas SARKOZY s’est enfin prononcé de façon claire et nette : "Ce sont des terroristes". Il a ainsi dissipé le malaise né à la suite des embrassades avec CHAVEZ un mois plus tôt.

Les réactions contre la « reconnaissance » sont venues de tous les horizons, de tous les pays.  Ainsi le juge anti terroriste espagnol Baltasar GARZON a-t-il qualifié cette demande  « de cynisme absolu ». Le chef de cabinet de la nouvelle présidente argentine, Cristina KIRCHNER, a estimé « que cette proposition ne nous aide pas dans notre objectif qui est que les otages recouvrent la liberté ». Le premier ministre péruvien a expliqué qu’un groupe qui tient en otage plus de 700 personnes « et qui tue de sang-froid ne peut être qualifié que de terroriste ».

Les déclarations des deux otages libérées ont été pour beaucoup dans cette réaction anti-FARC. Elles ont raconté leurs conditions de détention. Déjà, retirer un bébé à sa mère était monstrueux. L’accouchement par césarienne sans anesthésie et sans hygiène était en soi un autre scandale. Et que dire des conditions de détention ?  Les otages masculins, ainsi que les femmes qui avaient cherché à s’enfuir, étaient enchaînés jour et nuit. Les marches interminables dans la jungle étaient une autre torture. Autant de récits insoutenables, autant de barbaries révélées.

Que la famille d’Ingrid BETANCOURT réclame d’utiliser tous les moyens, quel que soit le prix, pour la libérer, c’est son rôle de famille aimante. Mais on pourrait attendre plus de retenue de la part des politiques et des médias. Encourager une guérilla marxiste qui veut prendre le pouvoir par les armes, ce n’est pas le plus sûr moyen de préparer la paix. Et béatifier vivant un dictateur marxiste et quelques terroristes, ce n’est pas raisonnable. Il est vrai que l’on apprenait peu après qu’en France même, le socialiste Georges FRECHE préposait d’installer sur une place de Montpellier une statue de LENINE. A quand le tour d’HITLER ?

Le 24 janvier 2008

 

 

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