SARKOZY ET L’ÉCONOMIE : GADGETS ?


Il n’est pas trop tard pour revenir en détail sur le contenu du SARKO-Show que nous avons déjà évoqué la semaine dernière. Il est nécessaire de souligner que dans le domaine économique le Président a fait une large impasse mais a avancé des idées qui ont de quoi inquiéter les libéraux.

Nous avions apprécié la seule réponse claire et nette sur un sujet important : un oui sans ambiguïté à une question sur la disparition des 35 heures en 2008. Notre joie a duré 24 heures, le temps d'une mise au point du gouvernement, puis du président lui-même : « il n’est pas question de supprimer la durée légale du travail, soit 35 heures en France ». « Oui, en 2008, je veux qu’on aille plus loin dans la réforme des 35 heures. Mais il n’est dans l’intention de personne de supprimer la durée légale du travail. Si on supprime la durée légale, il n’y a plus d’heures supplémentaires ». Cette réponse montre à quel point les réflexes étatiques sont ancrés en France. Car si on supprimait la durée légale du travail, il y aurait des contrats de travail librement négociés par salarié ou par entreprise ou par branche, qui fixeraient la durée du travail pour chacun, et différente d’une entreprise à l’autre. Au delà de cette durée fixée contractuellement, il y aurait bien entendu les heures supplémentaires. Mais il apparaît qu'on préfère garder nos 35 heures et nos usines à gaz pour les contourner !

Autre annonce : la fin de la publicité pour les médias publics, qui seront alors réellement le « service public ». Retour au bon temps de POMPIDOU : « L’ORTF, c’est la voix de la France » ? Mais comment financer ce manque à gagner ? Par une taxe sur la publicité des chaînes privées et par une nouvelle taxe sur les nouveaux médias (Internet). Donc d’une part de nouveaux impôts (la gratuité, cela coûte cher) et d’autre part le fait qu’une nouvelle fois, c’est le privé (TF1, M6,…) qui va financer le public ! Grande réforme libérale…

Autre idée révolutionnaire : une réflexion sur l’instrument de mesure du taux de croissance. Fini le PIB, produit intérieur brut. à nous le BIB bonheur intérieur brut. Mais qui peut calculer le bonheur ? Il ne se met pas en équation et ce n’est pas à l’Etat de le chiffrer, puisqu' il est subjectif. Certes le PIB a un objet limité et une signification parfois ambiguë, mais il remplit son rôle en permettant des comparaisons dans le temps et dans l'espace (qui ne sont pas à l'honneur de la France il est vrai). Toujours est-il qu'une étude va être confiée à deux prix Nobel : Joseph STIGLITZ, le charlatan le plus gauchiste et le moins crédible des prix Nobel d’économie, altermondialiste, et Armenthya SEN, un homme certes estimable et compétent, mais obsédé par la mesure des inégalités sociales qui appellent une redistribution socialiste.

Pour le reste, c’est le flou qui a dominé, un flou parfois inquiétant, comme l’idée d’avoir davantage « d’équité » dans la redistribution des richesses, en rééquilibrant la répartition au profit des salariés, au détriment des actionnaires. Est-ce l'annonce de nouvelles mesures étatiques de redistribution, pour priver ceux qui entreprennent de leur pouvoir d’achat ?

Autre chose encore : choisir la Caisse des dépôts, établissement public, pour instrument principal de soutien des entreprises françaises, c’est retourner à la politique industrielle, mais le Président nous assure qu'il n'oppose pas la « volonté industrielle qui est la nôtre avec le libéralisme. C’est absurde », dit-il. 

Enfin, une petite phrase sur l’Europe, nous a consternés : « Vouloir faire une Europe politique et s’interdire de prononcer le mot protection, cela n’a aucun sens ». Il est vrai que nous, nous ne voulons pas d’une Europe politique, qui organiserait la protection !

Au total, nos jeunes amis de Liberté chérie ont été frappés comme nous par l’absence totale des sujets économiques essentiels : emploi, charges sociales, assurance-maladie, retraites, fiscalité (sauf une nouvelle taxe), syndicalisme, tous domaines dans lesquels une réforme de fond est prioritaire. Il ne reste que les « gadgets bureaucratiques et coûteux ». Nous partageons aussi leur conclusion : « La société civile va devoir mettre une pression fantastique sur ses gouvernants ». Certes la critique est aisée et l'art difficile, mais ce n'est pas en avalant n'importe quelle couleuvre que l'on rendra service au Président et au pays. La grogne atteint les députés UMP, à ce qu'il paraît. Débat à reprendre après les municipales…

Le 23 janvier 2008

 

 

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