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L’enseignement
de l’économie au lycée reste une question majeure. Nous avons souvent dénoncé
les maîtres, les programmes, les méthodes qui non seulement entretiennent l'ignorance
des jeunes français dans ce domaine, mais aussi leur bourrent la tête avec une
idéologie surannée qui tourne le dos à la réalité du monde des entreprises et
des marchés. C’est
un sujet que l’ALEPS avait traité en profondeur il y a des années, dans le Figaro-magazine
et dans la revue de l’ALEPS, et qui avait été repris ensuite et actualisé par
nos amis de l’IFRAP dans Société civile. Le Figaro quotidien (mercredi dernier)
relance à juste titre la polémique, car rien n’a changé depuis et les manuels
sont toujours aussi tendancieux. Le débat a en effet été repris d’abord par Michel
ROCARD, qui appartient à une commission gouvernementale sur la condition enseignante
et qui a reçu il y a peu une délégation des professeurs d’économie des lycées. Il
faut dire que Michel ROCARD qui, à côté d’idées contestables, est parfois très
lucide, avait qualifié l’enseignement de l’économie de « catastrophe ambulante »,
en la rendant « responsable du blocage du dialogue social dans notre pays ».
Interpellé par des professeurs mécontents de ses déclarations, il avait précisé :
« J’ai cru bon d’exprimer une manière de colère (…) sur l’inculture économique
de Michel
ROCARD se situait ici dans la ligne des observations du MEDEF, venant après celles
de l’ALEPS qui faisait remarquer en 2006 qu’il fallait réviser les manuels scolaires
et inciter à comprendre l’entreprise dès le plus jeune âge, afin de créer une
« culture favorable à l’entreprenariat ». A son tour, l’association
Positive entreprise reprenait le flambeau et dénonçait, elle aussi, une approche
de l’enseignement teintée « d’idéologie marxiste ». Pour cela, elle
prenait comme nous des exemples édifiants dans les manuels d’économie des lycées,
Le Figaro en donnant une illustration avec une présentation « idyllique »,
dans ces manuels, d’une grève des salariés, présentés comme de « la chair
à canon ». Les manuels de seconde notamment donnent de l’entreprise une image
« pessimiste, incomplète et réductrice », où il n’est jamais question
de création de richesses. En
réalité, s’il y a une responsabilité évidente des manuels, toujours dans le même
sens idéologique, la responsabilité première vient, comme l’avait montré l’ALEPS,
des programmes eux-mêmes, qui sont très orientés. Ils sont d’ailleurs le plus
souvent plus proches de la sociologie (donc d’une vision holiste de la société,
vue comme le combat des groupes sociaux) que de l’économie et de l'individualisme
méthodologique. Des thèmes qui n’ont guère de sens en économie comme la « reproduction
sociale » (merci BOURDIEU) sont omniprésents. Et la « macroéconomie »
l’emporte largement sur les agents décentralisés. Bien
entendu, l’association des professeurs de sciences économiques et sociales (des
lycées) se dit scandalisée par toutes ces attaques et ne veut pas entendre parler
d’une intrusion des chefs d’entreprises dans la définition des programmes. Seuls
les enseignants peuvent « fournir aux élèves des connaissances scientifiques ».
MARX, déjà, voulait établir le socialisme sur des bases scientifiques. Pour calmer le jeu et connaître la vérité,
Xavier DARCOS, ministre de l'Education, vient de lancer un audit sur les manuels
et programmes d'économie au lycée. Cette mission est confiée à une commission
présidée par Roger GUESNERIE, professeur au collège de France. Tous nos vœux l'accompagnent,
et tous nos dossiers aussi : la cause devrait être vite entendue ! Le 23 janvier
2008
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