DES STAGIAIRES MIEUX PAYES, MAIS PLUS DE STAGES !


On connaît depuis longtemps l’importance des stages en entreprises pour les étudiants. C’est un système qui se pratique depuis des dizaines d’années dans les grandes écoles et qui touche depuis un moment les universités, surtout dans les filières professionnelles. La quasi-totalité, par exemple, des masters 2 professionnels en université comporte un stage de quatre à six mois. Il est bon que les étudiants gavés d’idéologie découvrent les réalités de l’entreprise.

Les stages sont aussi le meilleur moyen de trouver un emploi rapidement. D’ailleurs, les pays qui pratiquent systématiquement les stages ou la formation en alternance (comme l’Allemagne) ont le plus faible chômage des jeunes. Les entreprises peuvent repérer les qualités des stagiaires, et leur proposer un emploi. Etudiants comme entreprises y trouvent leur avantage.

Quant à la rémunération des stages, la liberté contractuelle doit déterminer s’il y a lieu à rémunération, lorsque le niveau de compétences du stagiaire apporte réellement et immédiatement quelque chose à l’entreprise, pour laquelle la gestion du stagiaire est coûteuse. Mais voilà que le gouvernement et la politique s’en mêlent, et la liberté qui régnait naguère dans ce domaine est en voie de disparition, et les stages avec elle...

Déjà, la loi sur l’égalité des chances, votée en 2006 en pleine crise du CPE, prévoyait pour la première fois l’obligation de rémunérer les stagiaires, lorsque le stage était d‘une durée supérieure à trois mois consécutifs. Le montant de cette gratification devait être fixé par convention de branches ou par accord professionnel étendu ou, à défaut, par décret. Faute d’accords professionnels, le décret est maintenant en discussion. Que peut-il prévoir ?

Xavier BERTRAND avait proposé une gratification minimale de 380 euros pas mois, à partir du quatrième mois de stage. La réaction du collectif « Génération précaire » et des syndicats ayant été très négative, une nouvelle version du décret va être préparée, avec, semble-t-il, une proposition de rémunération dès le deuxième mois. Face aux résistances, le ministre avait mis en place un « comité des stages », avec les organisations syndicales, patronales et étudiantes. Ce comité a demandé de rémunérer tous les stagiaires (même dans la fonction publique) à 380 euros dès le second mois. Il a aussi proposé de relever le montant de la franchise de cotisations à 640 euros, pour inciter les entreprises à payer jusqu’à 50% du SMIC. C’est bien ce montant (un demi-SMIC) que réclament Génération précaire, mais aussi, bien sûr, l’UNEF, la CGT, FO, et des fédérations d’enseignants comme de parents d’élèves. Ils exigent également une ouverture dès le premier mois des droits à la protection sociale, y compris la retraite…

La décision définitive devrait intervenir dans les prochaines semaines. Si elle va dans le sens de ces revendications démagogiques, « les offres de stages vont se raréfier », comme le souligne à juste titre le MEDEF. Les PME notamment ne pourront pas suivre.

Voilà un vrai progrès social : remplacer une libre convention par une obligation légale généralisée qui fera disparaître la plupart de stages. C’est le rejet (pour ne pas dire la haine) du contrat et de l’entreprise, au nom de « l’égalité des chances » et du « refus de la précarité » qui pourrait donc priver les jeunes d’un service précieux pour leur formation et leur emploi.

Le 16 janvier 2008

 

 

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