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BENOIT XVI
: LA NATURE AU SERVICE DE L'HOMME
Dans son Encyclique sur l’Espérance, le Pape BENOIT
XVI avait mis en garde contre les dangers du marxisme. Quelques semaines plus
tard, dans son message pour la journée mondiale de la paix 2008 (le 1er
janvier), le Pape, tout en réaffirmant l’attachement des chrétiens à la création
et donc à la préservation de la nature, met en garde contre les dérives de l’écologie
profonde, celle qui place la nature au dessus de l’homme. Ce qui frappe, c’est que ce texte porte d’abord
sur la « famille humaine, communauté de paix » et non sur la nature :
c’est l’homme qui, pour les Chrétiens, comme pour tous les croyants des autres
religions, est au centre de l’univers créé et la nature lui est subordonnée :
c’est ce qu’on trouve dans les religions du Livre dès le début de la Genèse avec
l’ordre divin donné aux premiers hommes : « Dominez la terre et soumettez-là ».
Dominez la terre et non soyez dominés par elle, ce que bien des écologistes oublient.
L’homme est « la seule créature que Dieu ait voulue pour elle-même »,
disait déjà JEAN-PAUL II, reprenant le Concile Vatican II. « La famille naturelle, en tant que profonde
communion de vie et d'amour, fondée sur le mariage entre un homme et une femme,
constitue le premier lieu d’humanisation de la personne et de la société, le berceau
de la vie et de l’amour. Aussi est-ce avec raison que la famille est qualifiée
de première société naturelle ». « En effet, dans une saine vie familiale,
on fait l’expérience de certaines composantes fondamentales de la paix :
la justice et l’amour entre frères et sœurs, la fonction d'autorité manifestée
par les parents, le service affectueux envers les membres les plus faibles parce
que petits, malades ou âgés, l’aide mutuelle devant les nécessités de la vie,
la disponibilité à accueillir l’autre et, si nécessaire, à lui pardonner. C’est
pourquoi la famille est la première et irremplaçable éducatrice à la paix ».
Bref, la famille est la cellule première et vitale de la société. « Par conséquent,
celui qui, même inconsciemment, entrave l’institution familiale rend fragile la
paix dans la communauté tout entière, nationale et internationale, parce qu’il
affaiblit ce qui, de fait, est la principale
agence de paix ». « Pour vivre en paix, la communauté sociale
est aussi appelée à s’inspirer des valeurs sur lesquelles se fonde la communauté
familiale ». « La famille a besoin d’une maison, d’un milieu à sa mesure
où puissent se tisser des relations entre ses membres. S’agissant de la famille
humaine, cette maison, c’est la terre, le milieu que Dieu Créateur nous a donné
pour que nous y habitions de manière créative et responsable ». Voilà pourquoi,
selon Le Pape, nous devons avoir soin de l’environnement : « Il a été
confié à l’homme pour qu’il le garde et le protège dans une liberté responsable,
en ayant toujours en vue, comme critère d’appréciation, le bien de tous. L’être
humain a évidemment une primauté de valeur sur toute la création. Respecter l’environnement
ne veut pas dire que l’on considère la nature matérielle ou animale comme plus
importante que l’homme ». « De nos jours, l’humanité s’inquiète pour
l’avenir de l’équilibre écologique. A cet égard, il convient que les évaluations
se fassent avec prudence, dans un dialogue entre experts et sages, sans précipitations
idéologiques vers des conclusions hâtives ». Il faut garantir « le bien
être de tous dans le respect des équilibres écologiques ». « Agir avec
prudence ne signifie pas ne pas prendre en main ses responsabilités ». Il
faut privilégier la voie du dialogue et « collaborer ensemble de manière
responsable ». Le Pape se tourne enfin vers les aspects économiques,
l’humanité connaissant « une unité plus grande du fait de la mondialisation ».
En particulier, « les aides données aux pays pauvres doivent répondre à des
critères d’une saine logique économique, en évitant les gaspillages qui, finalement,
conduisent surtout au maintien d’appareils bureaucratiques coûteux ». Quant
aux normes juridiques pour les rapports entre les nations, « il faut remonter
à la norme naturelle, fondement de la norme juridique ». Il s’agit d’une
loi morale commune que chacun peut découvrir avec sa conscience pour distinguer
le bien et le mal, le juste et l’injuste. La dérive de « l’écologie profonde »
fait pratiquement de l’homme un gêneur, un parasite, un être de trop sur cette
terre, qui devrait s’effacer face à la primauté de la nature. Ce que rappelle
le Pape, c’est que l’homme est premier Le
9 janvier 2008
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