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EDF :
LE MILLIARD DE LA CGT
La question
du comité d’entreprise d’EDF resurgit régulièrement et le scandale qu’il représente
a été maintes fois dénoncé. Mais, en dépit des enquêtes en cours auprès de la
justice, de l’audition de Bernard THIBAULT (« simple témoin ») et des
enquêtes de la Cour des comptes, rien, du moins pour l’instant, ne semble changer.
Pourtant, les sommes en jeu sont considérables, puisque pour l’exercice 2004-2005,
la Caisse centrale des activités sociales a bénéficié de 861 millions d’euros,
presque un milliard. Et l’ensemble a été géré sans interruption par la CGT, qui
en a le monopole depuis 1946, dirigeant seule, héritage du temps où, à la Libération,
le ministre était communiste. L’affaire vient
de resurgir à l’occasion d’une mise en garde (certes prudente) lancée par la Cour
des comptes, qui demande aux élus du comité d’entreprise d’EDF des explications.
Ce document, jusque là tenu secret, a été révélé ces jours-ci par Le Figaro. Ce
courrier intervient après deux ans d’enquête (enquête indépendante de celle menée
par ailleurs par un juge, qui cherche si le parti communiste a pu bénéficier d’une
partie de la manne financière gérée par le comité d’entreprise -emplois fictifs,
financement de la fête de l’Huma,... L’enquête judiciaire se poursuit, mais comme
le juge est aussi celui qui s‘occupe de l’affaire Clearstream,
il avance lentement…). Comment le comité
d’entreprise est-il si bien pourvu ? Parce que, depuis l’époque des ministres
communistes, il reçoit un prélèvement de 1% sur toutes les factures d’électricité
et de gaz, sans parler d’autres avantages (prêts de personnel, financement d’une
partie des charges sociales des employés du CE). Cette énorme machine, avec un
budget impressionnant, emploie 5 660 personnes, sans parler des CDD et vacataires
occasionnels. La Cour des comptes épingle d’ailleurs
le CE pour emploi de CDD pour des tâches à caractère permanent, ce qui n’empêche
pas la CGT de dénoncer par ailleurs les emplois précaires… La Cour des
comptes s’étonne aussi des coûts de revient exorbitants et de l’absence de transparence.
Certes, comme le dit Le Figaro, à quelques mois des présidentielles, elle ne soulève
pas toutes les questions qui fâchent. La mauvaise gestion du personnel ne cache-t-elle
pas des emplois fictifs ou au moins l’entretien de militants syndicaux ?
Le nom de la CGT n’est cité qu’avec précaution. On ne saurait être trop prudent,
au moment où la privatisation de GDF pourrait être remise en cause par les élections,
et où chacun jure ses grands dieux qu’il n’est pas question de privatiser EDF,
mais pour qui sait lire entre les lignes, le rapport est néanmoins accablant. Car 1% des factures,
ce n’est pas rien et cela représente 7% de la masse salariale à EDF et 14% à GDF.
Le Figaro précise que « le supplément de rémunération annuelle par agent
en activité a atteint 3 070 euros en 2004 et 2005 », 10% de la rémunération
brute moyenne. Et cela sans tenir compte des autres avantages comme le tarif préférentiel
du gaz et de l’électricité. Et que dire
de la gestion ? Sur trois euros de ressources, le CE en consacre un à son
fonctionnement et deux aux activités au profit des agents et de leurs familles
(679 000 bénéficiaires en tout). Et pas question de laisser à chacun le choix :
ici, pas de chèques vacances à utiliser où on veut. Si on veut partir en vacances,
c’est dans les institutions gérées par le CE. Pour ne pas sortir de « l’ambiance
maison » et ne pas être contaminés par d’autres. Et ce patrimoine gigantesque
est fort mal géré : en dépit de sites exceptionnels, il perd de la valeur.
Quant aux cantines, le coût de revient des repas est de 12 euros, contre 5 pour
les autres entreprises… Et cela n’est
que la partie visible de l’iceberg. Les liens étroits avec le parti communiste
laissent entrevoir le reste. N’oublions pas que Evelyne VALENTIN, présidente du
CE, est une ancienne élue communiste. C’est elle qui devra répondre aux questions
de la Cour des comptes avant le mois de mars. Et cela sans préjuger de l’enquête
judiciaire, du moins si celle-ci n’est pas enterrée en route. Car le PC et la
CGT constituent encore en France une espèce protégée. Chacun est avec eux d’une
grande prudence et opère avec lenteur. On ne sait jamais ce que réserve l’avenir
et même la droite n’ose pas faire de la peine à son « partenaire social »
préféré. Voilà pourquoi, il faut alerter l’opinion publique, pour qu’elle fasse
pression pour mettre fin à ces privilèges insensés. La privatisation serait une
première étape. Mais qui osera la proposer ?
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