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C’est un rapport en demi-teinte que vient de publier la Banque mondiale sur la mondialisation : « Global Economic Prospects 2007 : managing the next wave of globalization ». Elle commence par souligner le fait que la mondialisation est un phénomène irréversible. L’intégration de la Chine, de l’Inde, du Brésil dans l’économie mondiale fait des pays en développement les véritables moteurs de la croissance mondiale : qui ne se réjouirait de constater que la croissance est dans le « tiers-monde » de 7% en 2006, deux fois plus que dans les pays riches ? A long terme, le PIB mondial, qui était de 35 000 milliards de dollars en 2005 devrait atteindre 72 000 milliards en 2030, grâce à la croissance des pays en développement, qui devraient représenter la moitié de cet ensemble. Selon François BOURGUIGNON, chef économiste de la banque mondiale, interrogé par le Monde, la croissance mondiale pourrait être plus forte dans les 25 ans qui viennent qu’elle ne le fut dans le dernier quart de siècle, et elle serait toujours deux fois plus rapide dans les pays en développement, qui poursuivraient leur rattrapage. Le revenu par tête dans l’ensemble des pays en développement devrait doubler et atteindre en moyenne 11 000 dollars, le niveau de la République Tchèque. La Chine ou le Mexique seraient au niveau de l’Espagne actuelle. « Le nombre de personnes extrêmement pauvres (ayant moins de un dollar par jour) serait divisé par deux, passant de 1,1 milliard à 550 millions en 2030 ». Voilà les effets à moyen terme de la mondialisation, voilà de quoi réjouir tous ceux qui regardent ce phénomène sans préjugés. Le commerce extérieur va représenter une part croissante du PIB mondial, avec en particulier un développement des échanges de services. « La mondialisation c'est-à-dire l’intégration des économies mondiales, va se poursuivre ». A coté du commerce, l’éducation, la formation du capital humain, jouera un rôle de plus en plus fondamental dans le processus de développement. Il y aura du travail pour tout le monde si la population est mieux formée et accepte la mobilité. Mais, à coté de ce oui, la Banque mondiale ajoute quelques réserves, un « oui mais » en quelque sorte. Première réserve, le risque écologique, celui du réchauffement climatique. On peut en discuter. Y a-t-il réchauffement ? Est-il lié aux activités humaines ? Mais de toutes façons on ne voit guère le lien avec la mondialisation. Et faut-il laisser les gens mourir de faim et refuser le développement au nom de la température de la planète ? Deuxième risque, celui des inégalités. « D’un côté, les pays émergents rattrapent les pays riches, c’est la convergence. Mais de l’autre, certaines parties du monde, l’Afrique, l’Amérique latine, restent en retrait, c’est la divergence ». Mais ce n’est pas si simple. Même en Afrique, il y a des pays où la pauvreté augmente, d’autres qui s’en sortent. Mais pourquoi attribuer ces inégalités, ces divergences, à la mondialisation ? En réalité, s’il y a des pays qui restent en arrière, ce qui est, hélas, vrai, c’est parce qu’ils ne sont pas entrés dans le jeu mondial des échanges, qu’ils ont refusé la liberté économique et le marché : les indices de liberté le montrent sans ambiguïté. Ce n’est donc pas la mondialisation qui les appauvrit, c’est le refus de celle-ci. Nous citons par exemple par ailleurs le cas du Zimbabwe : ce n’est pas la mondialisation qui tue ce pays, c’est le marxisme. Quant aux inégalités à l’intérieur des pays, elles s’accroissent en effet parfois, mais l’important est que chacun progresse, les riches comme les pauvres, dans un processus de développement. Le problème n’est pas qu’il y ait des riches ou des très riches, c’est celui des pauvres et là encore l’éducation est un élément central de leur progression, car ce sont les travailleurs les moins qualifiés les plus fragiles. Il y aura sans doute une concurrence croissante entre les travailleurs non qualifiés. C’est un appel à investir en capital humain, non à rester passif. Mais sans la
mondialisation, il serait impossible de faire progresser qui que ce soit. Il est
vrai que la mondialisation est exigeante. Elle oblige chacun à s’adapter et à
progresser. C’est cela qui provoque le processus de développement, dont finalement
tout le monde bénéficie. Voilà pourquoi, pour notre part, c’est un oui sans réserves
que nous disons à la mondialisation.
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