LA LIBERALISATION DES SERVICES PUBLICS : AMELIORATION DU NIVEAU DE VIE ET DE L’EMPLOI


On connaît, au moins intuitivement, les avantages de l’ouverture des services publics à la concurrence. La théorie économique vient évidemment compléter cette intuition en montrant la supériorité de la libre concurrence sur le monopole public. Mais c’est désormais une étude officielle, présentée sous forme de rapport de la Commission européenne, qui vient confirmer cette intuition au plus haut niveau de l’Europe. Les experts se sont penchés sur ce que l’on appelle en vocabulaire européen « les services d’intérêt économique général » (SIEG), en français : les services publics.

Conclusion de l’étude, selon nos confrères du Monde : les experts qui ont examiné l’évolution des industries de réseau « affirment que l’ouverture des marchés à la concurrence a permis à la fois de réduire les prix et d’accroître la productivité. Elle a eu également, selon eux, des effets positifs sur l’emploi ».

Dans tous les secteurs étudiés - électricité, gaz, télécommunications, services postaux, transports aériens, ferroviaires et routiers-, la réforme, c'est-à-dire la libéralisation et l’ouverture à la concurrence, voire la privatisation, a « largement profité aux consommateurs ». La Commission « relève le haut degré de satisfaction exprimé globalement par ceux-ci, les services postaux recevant la meilleure note et les chemins de fer la moins bonne ». Il est vrai, comme nous l’avons vu il y a peu, que les chemins de fer sont l’un des secteurs où la réforme est en général plutôt devant nous que derrière nous.

C’est ainsi que sur la période 1996-2004, le prix des télécommunications a diminué de 35%. Celui de l’électricité a augmenté moins que l’indice des prix à la consommation, soit une baisse en termes réels de 6%. Pour les transports, les prix ont évolué comme le taux d’inflation.

Les effets sur l’emploi dépendent du fait que l’on regarde les choses à court ou à long terme. A court terme, les restructurations ont plutôt entraîné des suppressions d’emplois. Au contraire, à long terme, ces suppressions ont été plus que compensées par l’arrivée de nouvelles sociétés sur le marché, tandis que la demande augmentait sous l’effet des baisses de prix. Les gains et les pertes d’emplois dépendent, bien entendu, des secteurs concernés. On a créé des emplois dans le transport terrestre ou aérien, ou dans les communications, on en a perdu dans l’électricité ou le gaz. Mais, de toutes façons, les effets sont plus complexes, car la baisse des prix dans un secteur peut aussi avoir un effet de revenu (une baisse des prix équivaut à une hausse du revenu réel) et entraîner une hausse de la demande dans d’autres secteurs : parce que l’avion est moins cher, on peut évidemment voyager plus en avion, mais on peut aussi décider de faire autre chose de l’argent ainsi économisé.

Autre information intéressante soulignée par le rapport : de nombreux obstacles à la concurrence demeurent encore, et il y a donc encore de nombreuses marges de progrès possibles. De plus, les Etats membres ont une large responsabilité dans la mise en œuvre de ces politiques de libéralisation et dans les investissements à effectuer dans ces secteurs. « Les politiques communautaires ont eu des résultats très différents selon les pays. C’est la preuve que les facteurs nationaux ont une influence décisive sur l’ampleur des effets en termes d’emploi, de productivité et de prix ». Dans ces conditions, compte tenu de l’habituelle frilosité française dans ce domaine, toujours en retard dans l’application d’une directive, le gouvernement traînant les pieds le plus possible, les Français ont pour l’instant moins profité que les autres Européens de cette libéralisation des services publics, la France pratiquant une libéralisation a minima. Exception française oblige.

 

Le 11 Janvier 2006

 

 

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