![]() |
|||
|
Selon ce rapport il y a un « effet population »
sur la croissance économique, qui fait que plus la natalité diminue, mieux
se porte la croissance : « Depuis 1970, les pays en développement
dont la fécondité a baissé et dont la croissance démographique s’est ralentie
ont vu augmenter la productivité, l’épargne et l’investissement productif ».
Il ne viendrait pas à l’idée des Nations Unies que la causalité puisse
être inverse et que c’est là où la croissance économique a été forte que
les comportements démographiques ont changé. Non, c’est la chute de la
fécondité qui serait la cause des miracles économiques. On croyait naguère
qu’il n’est de richesses que d’homme... Le rapport se réjouit aussi de ce que la baisse de
la fécondité vienne des « investissements sociaux » « bien
volontaristes » comme la planification familiale ou l’égalité des
sexes, c’est à dire imposés par l’Etat contre le vœu des populations et
au détriment du respect de la vie bien sûr. De plus, cette baisse « volontariste »
de la fécondité est présentée comme une véritable « accumulation
du capital humain » : plus la fécondité se réduit, plus le capital
humain progresse, c’est bien connu. Comment alors résoudre la pauvreté ? La recette
est simple : sur la prochaine décennie, il suffirait d’une baisse
de 4 pour 1000 du taux net de natalité pour réduire de 2,4% (on voit comme
le rapport est précis, donc sérieux) le nombre des personnes vivant dans
un état de pauvreté absolue. En outre, une formidable fenêtre démographique s’ouvre
ainsi : « Ce recul de la fécondité au niveau micro-économique
se traduit, en l’espace d’une génération, en croissance économique potentielle
au niveau macro, avec l’apparition d’une nombreuse population active qui
entretient des personnes à charge - jeunes et vieilles- en nombre relativement
moindre ». D’ailleurs, un tiers de la croissance annuelle des dragons
de l’Asie du Sud Est viendrait de ce qu’ils ont su tirer parti de ce créneau.
Le Mexique et le Brésil où la baisse de la fécondité « a eu un effet
égal à une croissance économique annuelle de 0,7% du PIB » en auraient
fait autant. Tout cela est du malthusianisme le plus pur. Il faudrait
peut-être rappeler aux Nations Unies que le développement s’est produit
non pas dans les pays qui avaient réduit artificiellement leur fécondité,
mais dans les pays qui se sont ouverts aux échanges internationaux et
plus généralement à la liberté économique. Ensuite, partout où le développement
s’est produit, la fécondité a diminué de manière volontaire, les comportements
personnels ayant peu à peu changé. Mais les Nations
Unies préfèrent véhiculer un discours idéologique qui permettra ensuite
d’imposer, au nom du développement, des politiques artificielles d’atteinte
à la liberté des familles. Ce n’est pas en supprimant les enfants des
pauvres qu’on résout la misère, c’est en créant des richesses nouvelles.
|