ENVIRONNEMENT : LE MARCHE FAIT MIEUX QUE KYOTO


Notre confrère Valeurs Actuelles présente dans son numéro du 15 novembre un dossier fort intéressant sur l’environnement sous le titre « l’écologie est aussi un marché ». Commentaire général «  Quand le droit d’émettre des gaz polluants se vend cher, les entreprises produisent propre. La loi du marché vaut bien le protocole de Kyoto. ».

En réalité, Valeurs Actuelles présente à ses lecteurs un système dont nous avons déjà parlé plusieurs fois ici même, celui des droits à polluer. «  Ces échanges de droits d’émission de gaz se multiplient d’un bout à l’autre de la planète ». « Les accords de Kyoto ont prévu de tels échanges de permis d’émission uniquement sous la pression des Etats-Unis, qui les ont expérimentés depuis longtemps. Le principe est simple. Le gouvernement attribue aux entreprises, gratuitement, à un prix fixe ou aux enchères, un quota d’émissions polluants. Si les entreprises dépassent le seuil autorisé, elles achètent à leurs concurrents vertueux des droits à polluer supplémentaires. A l’inverse, si elles parviennent à réduire leurs émissions, elles peuvent conserver leurs droits pour plus tard ou les vendre à d’autres entreprises ».

Ce sont les Américains qui ont les premiers développé ces pratiques dans un grand nombre de secteurs. Et ils échangent des droits d’émission, sans se soucier de Kyoto et des réunions bureaucratiques qui accompagnent habituellement les démarches « en faveur » de l’environnement. Ici, avec les permis de polluer, rien de plus simple : un système « révolutionnaire et libéral » comme le dit George W. BUSH, qui appuie bien sûr cette technique.

Les résultats américains sont spectaculaires, pour réduire les émanations de dioxyde de souffre des centrales thermiques, puis pour lutter contre les pluies acides : non seulement la pollution a reculé plus que prévu, mais encore le coût a été deux fois moindre que prévu. Les initiatives se multiplient aux USA, mais aussi en Europe et par exemple il fonctionne à Londres une bourse électronique de droits d’émission de tous les gaz à effet de serre avec une centaine d’entreprises. Seule, comme d’habitude, la France est en retrait sur ce dossier et Londres sera la grande place européenne dans ce domaine. Il paraît que les Français sont choqués par l’idée que des agents privés puissent gagner de l’argent avec la pollution. On préfère que ce soit le contribuable qui en perde, grâce à des taxes…Il paraît qu’en France le développement des permis négociables se heurte à des obstacles « culturels ». Nous pensions plutôt qu’ils étaient simplement idéologiques. Alors qu’on en vient partout progressivement à l’écologie de marché, nous restons au stade primaire de l’écologie politique.