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En réalité, Valeurs Actuelles présente à ses lecteurs
un système dont nous avons déjà parlé plusieurs fois ici même, celui des
droits à polluer. « Ces échanges de droits d’émission de gaz se
multiplient d’un bout à l’autre de la planète ». « Les accords
de Kyoto ont prévu de tels échanges de permis d’émission uniquement sous
la pression des Etats-Unis, qui les ont expérimentés depuis longtemps.
Le principe est simple. Le gouvernement attribue aux entreprises, gratuitement,
à un prix fixe ou aux enchères, un quota d’émissions polluants.
Si les entreprises dépassent le seuil autorisé, elles achètent à leurs
concurrents vertueux des droits à polluer supplémentaires. A l’inverse,
si elles parviennent à réduire leurs émissions, elles peuvent conserver
leurs droits pour plus tard ou les vendre à d’autres
entreprises ». Ce sont les Américains qui ont les premiers développé
ces pratiques dans un grand nombre de secteurs. Et ils échangent des droits
d’émission, sans se soucier de Kyoto et des réunions bureaucratiques qui
accompagnent habituellement les démarches « en faveur »
de l’environnement. Ici, avec les permis de polluer, rien de plus simple :
un système « révolutionnaire et libéral » comme le dit George
W. BUSH, qui appuie bien sûr cette technique. Les résultats américains sont spectaculaires, pour
réduire les émanations de dioxyde de souffre des centrales thermiques,
puis pour lutter contre les pluies acides : non seulement la pollution
a reculé plus que prévu, mais encore le coût a été deux fois moindre que
prévu. Les initiatives se multiplient aux USA, mais aussi en Europe et
par exemple il fonctionne à Londres une bourse électronique de droits
d’émission de tous les gaz à effet de serre avec une centaine d’entreprises.
Seule, comme d’habitude, la France est en retrait sur ce dossier et Londres
sera la grande place européenne dans ce domaine. Il paraît que les Français
sont choqués par l’idée que des agents privés puissent gagner de l’argent
avec la pollution. On préfère que ce soit le contribuable qui en perde,
grâce à des taxes…Il paraît qu’en France le développement des permis négociables
se heurte à des obstacles « culturels ». Nous pensions plutôt
qu’ils étaient simplement idéologiques. Alors qu’on en vient partout progressivement
à l’écologie de marché, nous restons au stade primaire de l’écologie politique.
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