LA CONCURRENCE STIMULE L’EMPLOI


Sous le titre « concurrence sur les marchés de produits et performance économique », l’OCDE publie dans le numéro 72 de Perspectives économiques un article qui fait le point sur les conséquences de la concurrence sur l’emploi. Il montre que, comme l’expliquait Frédéric BASTIAT, il faut tenir compte de ce qui se voit et de ce qui ne se voit pas, c’est à dire des conséquences directes et indirectes, proches et lointaines, des phénomènes économiques. Or, habituellement, dans ce domaine, on s’en tient aux apparences et beaucoup craignent qu’une concurrence intense, poussant les entreprises à s’adapter, ne soit néfaste pour l’emploi, les gains de productivité provoquant, pense-t-on, des pertes immédiates d’emplois. Il n’en est rien et l’OCDE remet les choses en place en montrant toutes les facettes de la question.

La conclusion est claire « le renforcement de la concurrence sur les marchés stimule l’emploi et la productivité ». En, effet « une concurrence accrue sur les marchés des produits n’est pas seulement favorable au consommateur », ce qui est déjà beaucoup. Mais elle est bonne pour l’emploi. D’après cette étude le Japon et une grande partie de l’Europe continentale pourraient élever leurs niveaux de productivité de 2 à 6% s’ils alignaient leur réglementation sur les marchés des produits sur celle qui est en vigueur dans les pays où l’environnement est le plus favorable à la concurrence.

En effet, « l’intensification de la concurrence stimule la productivité en encourageant une utilisation plus efficiente des ressources. Elle peut en outre encourager l’innovation et favoriser la diffusion rapide des nouvelles technologies. Les réformes destinées à rendre les marchés de produits plus dynamiques ont aussi un effet positif sur les salaires réels, les prix baissant du fait de l’intensification de la concurrence. »

L’OCDE observe dans cette étude que les réformes entreprises entre la fin des années 70 et la fin des années 90, avec, par exemple, la libéralisation du secteur des télécommunications, ont augmenté les taux d’emploi dans les pays de l’OCDE en moyenne dans la proportion de 1,5%, la progression allant jusqu’à 2,5% dans les économies où des politiques favorables à la concurrence ont été menées avec le plus de vigueur. Or l’OCDE montre que le même potentiel de progression de l’emploi existe aujourd’hui dans les pays où le marché est strictement réglementé.

Bien entendu, si au total une concurrence accrue est bonne à long terme pour l’emploi et pour l’ensemble des salariés, il peut y avoir à court terme, dans la branche concernée, un léger recul de l’emploi. C’est, selon l’OCDE « un obstacle politique important aux réformes » et il faut donc expliquer clairement le processus de  destruction créatrice et l’ensemble des effets à long terme.

Enfin, l’OCDE a une préoccupation supplémentaire car les pays où la réglementation des marchés des produits est trop restrictive ( réduisant la concurrence) sont aussi les pays où le marché du travail est le plus réglementé, ce qui pénalise doublement l’emploi. La France doit, dans cette analyse, se sentir particulièrement visée. Mais on peut en faire une lecture optimiste : nous avons un tel retard que nous possédons un potentiel de progression de l’emploi important. Il suffit pour cela de libéraliser l’économie.