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L’objectif de 0,7% du PIB, qui avait été défini au
niveau international depuis prés de 30 ans, est à nouveau affiché par la France
comme un objectif pour 2012. En outre d’autres mesures techniques sont prises
pour favoriser cette aide publique. C’est ainsi que le gouvernement a décidé,
sur demande du Président, de « ne plus utiliser les fonds réservés aux annulations
de dettes comme variable d’ajustement du budget général ». En effet, jusque
là on surdotait les remises de créances en faveur des
pays pauvres, qui n’en profitaient pas nécessairement au cours de l’année, et
on avait ainsi une cagnotte secrète pour réduire les déficits budgétaires. Désormais
l’argent ira intégralement aux pays pauvres. C’est une rupture par rapport à la politique antérieure,
notamment du gouvernement JOSPIN, qui avait réduit l’aide publique et c’était
l’un des axes de la campagne de Jacques CHIRAC, qui jugeait cette diminution « inexplicable
« et « inacceptable ». M.CHIRAC, dans sa volonté de faire progresser l’aide
publique, n’est pas en mauvaise compagnie, puisque l’Union européenne a recommandé
à ses membres se situant en dessous de la moyenne d’aide publique de faire progresser
leur aide au moins jusqu’au taux moyen européen ( 0,33%). Même les Etats-Unis,
qui ne consacrent que 0,10% du PIB à l’aide publique au développement, viennent
d’annoncer leur intention de la doubler d’ici trois ans. Cependant la France est déjà – et restera – le premier
contributeur d’aide, en pourcentage du PIB, parmi les sept grands pays industrialisés. Le problème, c’est que le Président CHIRAC et ceux
qui le suivent dans cette politique se trompent totalement. L’intention est certes
louable, s’il s’agit de permettre le développement des pays du tiers-monde. Mais
chacun sait que l’aide publique n’a jamais provoqué le moindre effet de développement.
Elle est d’ailleurs systématiquement gaspillée, quand ce n’est pas détournée
par les leaders politiques du tiers-monde et par leurs administrations. Les populations
n’en voient pas la couleur et surtout elle n’a aucun effet d’entraînement sur
la croissance économique. C’est un débat pourtant essentiel dont le président
CHIRAC ne voit pas l’enjeu. L’aide la plus efficace, c’est le commerce et non
les subventions publiques qui instaurent une relation d’assistanat. Les pays du
tiers-monde qui ont connu un processus de développement, en Asie du Sud-Est, dans
l’Océan Indien, en Amérique latine, sont ceux qui se sont intégrés aux échanges
internationaux. Ceux qui ont fermé leurs frontières se sont enfoncés, aide publique
ou pas, dans le sous-développement. Et ceux à qui on a fermé nos frontières ont
fait de même. C’est donc en ouvrant les frontières que l’on peut véritablement
aider les pays les plus pauvres. C’est vrai dans le domaine des investissements.
C’est vrai dans l’industrie, comme dans le tertiaire. C’est tout particulièrement
vrai dans le domaine agricole, où le protectionnisme européen –et tout particulièrement
français- ruine le tiers-monde. Lorsque le président CHIRAC soutient la politique
agricole commune, il contribue à enfoncer les pays pauvres dans la misère et ce
n’est pas l’aide publique qui redressera la situation. D’ailleurs, dans les indices de liberté économique
dont nous avons parlé ici même, qui insistent aussi sur les conditions internes
du développement (faiblesse des prélèvements obligatoires, des interventions étatiques,
du secteur public, des réglementations sur les prix et le marché du travail),
la liberté des échanges internationaux figure en bonne place. Si le président
CHIRAC veut vraiment contribuer au développement du tiers-monde, au lieu d’accroître
l’aide publique, qu’il favorise la liberté des échanges. C’est le commerce qui
est la meilleure forme d’aide au développement, pas les subventions publiques.
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