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PLAN DE « RELANCE » AUX ETATS UNIS PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean Yves Naudet   
Mardi, 14 Janvier 2003 01:00

Certains n’y voient qu’une nouvelle étape dans la préparation de la guerre contre l’Irak, d’autres évoquent le calendrier électoral. Mais le plan que George BUSH vient de présenter devant 2.300 hommes d’affaires réunis au Club Economique de Chicago obéit avant tout à une logique économique : il fallait redonner confiance aux épargnants américains, et redorer le blason de la Bourse, terni par les scandales de l’année 2002.

On pouvait aussi s’interroger sur les principes qui animeraient la nouvelle équipe de conseillers économiques mise en place par le Président BUSH : keynésianisme ou « supply side » ? La réponse nous paraît claire : les baisses d’impôts, pièces maîtresses du plan conçu par John SNOW, successeur de Paul O’NEIL dans les fonctions de Secrétaire d’Etat au Trésor, sont faites avant tout pour redonner le moral et le soutien financier aux entreprises américaines. La hausse des investissements qu’elles devraient induire n’a pas pour but de « stimuler la demande globale », mais de préparer l’économie américaine à un nouveau bond en avant. Notons en passant -et le vocabulaire est toujours révélateur- que George BUSH n’emploie pas l’expression « relance économique », qui a effectivement un côté keynésien, mais parle d’un « plan de stimulation de l’économie », ce qui est plus neutre, car on peut évidemment stimuler l’offre. 

Plus d’impôts sur les dividendes

674 milliards de baisses d’impôts : globalement, le plan est impressionnant. Certes, cette baisse s’étend sur les dix ans à venir. Mais ce délai ne doit pas tromper, car les mesures démarreront immédiatement : pour les 16 prochains mois les baisses d’impôts seront de 98 milliards de dollars.

Si l’on rentre dans le détail, l’élément le plus spectaculaire de ce plan est la suppression totale de l’impôt sur les dividendes versés par les entreprises à leurs actionnaires. Pour le président BUSH, il s’agissait en effet d’une aberration du système fiscal, puisque les dividendes sont doublement imposés, d’abord au niveau des entreprises, par l’impôt sur les bénéfices, ensuite au niveau des ménages qui perçoivent ces dividendes, par l’impôt sur le revenu. La suppression de cet impôt met fin à cette double taxation. A priori, cette mesure est très positive, non seulement parce que toute suppression d’impôt doit être saluée comme il se doit, mais parce qu’elle devrait inciter les entreprises à des pratiques plus transparentes, les encourager à distribuer une part plus grande de leur profit et surtout attirer de nouveaux investisseurs en bourse, ce qui ne peut être que bon pour les entreprises et l’activité en général.

Evidemment, sur ce premier point, les démocrates ont accusé le Président de favoriser les riches. Mais il faut remarquer d’abord que deux tiers des ménages américains possèdent des actions, ce qui fait que le nombre de personnes directement concernées sera très élevé. Mais surtout cette mesure devrait stimuler l’offre et inciter les entreprises à se développer plus facilement, puisqu’elles attireront plus d’épargnants. Cela devrait bénéficier à tous, en particulier à travers les emplois créés indirectement par cette action sur l’offre. 

On mise sur l’effet Laffer

Une autre partie du plan BUSH consiste à accélérer la mise en place de réductions d’impôts votées en 2001, mais qui ne devaient au départ entrer en vigueur que beaucoup plus tard. Parmi les mesures avancées, on notera la baisse des taux d’imposition de toutes les tranches (impôt sur le revenu) ainsi que des déductions fiscales pour les équipements des entreprises, leur permettant d’investir plus et ici encore de développer leur offre. On notera que ce sont bien les taux d’imposition que le Président veut baisser, et non simplement l’impôt, ce qui est essentiel pour provoquer un effet LAFFER, et ce que n’avait pas pris en compte le plan français -bien modeste- de baisse de l’impôt sur le revenu de 5% en 2002.

On pouvait être plus inquiet du côté des mesures qualifiées de « sociales ». Mais la principale d’entre elles concerne la mise en place de « comptes de retour à l’emploi » pouvant atteindre 3000 dollars pour aider les chômeurs à retrouver du travail. Cette mesure est décentralisée, puisqu’elle passerait par les Etats et surtout elle n’est pas une mesure d’assistance, mais est clairement destinée à permettre aux chômeurs de prendre des mesures concrètes pour retrouver un emploi. Par contre on pourra être plus sceptique sur l’allongement de la durée des indemnités de chômage, mesure qui peut provoquer des effets pervers en incitant à rester plus longtemps en « recherche d’emploi » et qui paraît contradictoire avec la précédente. 

Un déficit budgétaire transitoire

Evidemment, ce qui peut inquiéter dans ce plan, c’est qu’il aggrave massivement le déficit budgétaire. Dès cette année, celui-ci pourrait passer de 145 milliards de dollars à prés de 250 milliards. Mais on doit d’abord observer que le plan BUSH ne consiste pas à distribuer, grâce à la création monétaire, de l’argent artificiellement créé aux contribuables, mais à rendre aux ménages et aux entreprises l’argent qui leur appartient en réduisant les impôts, ce qui est fort différent.

En outre le déficit ne vient pas d’une hausse des dépenses civiles mais d’une part de la baisse d’impôts, de l’autre des dépenses militaires liées à la lutte contre le terrorisme et aux perspectives de guerre contre l’Irak : on se retrouve dans le situation de REAGAN en 1980, faisant face aux dangers du communisme soviétique. Il reste cependant que l’on aurait sans doute dû accompagner ce plan d’un autre plan de baisse des dépenses publiques, civiles cette fois. Mais on peut aussi espérer que se produise un effet LAFFER, c’est à dire que l’économie se développe grâce à ce plan à un rythme plus rapide et qu’en conséquence les recettes fiscales augmentent (bien que le taux soit plus faible pour chacun, c’est le cas si chacun est plus riche, la hausse de la matière imposable se traduisant par une hausse de l’impôt).

Si l’on peut être plutôt optimiste, c’est que la situation structurelle de l’économie américaine est bien moins dégradée que celle de l’Europe. La croissance en 2002 a été de l’ordre de 3% contre 1% en Europe et le plan devrait mettre fin au ralentissement observé ces derniers temps. Mais surtout le marché du travail, et l’économie en général, demeurent d’une grande flexibilité, ce qui devrait permettre à l’économie de repartir et de créer des emplois. De ce dernier point de vue, la situation est moins dégradée qu’en Europe, puisque le chômage américain ne dépasse pas 6%.

Au total il faut être prudent face à ce plan de relance, mais il semble nettement plus orienté vers une stimulation de l’offre, grâce aux baisses d’impôts, que vers un encouragement keynésien de la demande à court terme. Les commentaires entendus en France vont en général en sens contraire. 

 

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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