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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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Budget 2018 : quand les promesses s’envolent PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 20 Juin 2017 00:00

La première promesse du candidat Macron était de limiter le déficit budgétaire à 2,8 % du PIB à la fin de l’année 2018. Cela reposait sur trois hypothèses : connaître avec précision l’impact des mesures que le gouvernement Cazeneuve avait prises à quelques semaines des élections, avoir une idée précise du taux de croissance dans les mois à venir, chiffrer les projets avancés par Emmanuel Macron. Au moins deux de ces hypothèses n’ont pas été réalisées, de sorte qu’il y a déjà de bonnes raison de penser que l’objectif 2,8 % ne sera pas atteint.

 

Un objectif déjà trop ambitieux

Le chiffre lui-même pouvait surprendre. Par comparaison, François Fillon avait annoncé qu’on ne pourrait revenir au critère des 3% en 2018 parce que l’héritage socialiste serait sans doute trop lourd à assumer. Mais Emmanuel Macron avait surtout pour ambition de conquérir la sympathie des partenaires européens : issu de la finance, il voulait faire bénéficier la France de son crédit personnel, il visait certes un moratoire pour la dette, mais voulait aussi démontrer la volonté de réformes structurelles attendues en vain depuis des années.

Pourtant, les « bombes à retardement » laissées par François Hollande ont été relevées par la Cour des Comptes à la fin mai 2017. « Toutes les nouvelles dépenses annoncées depuis le début de l'année coûteront 13,2 milliards en 2018 et près de 10 milliards en 2019 » : c’est Gilles Carrez, président de la Commission des Finances, qui a chiffré l’ardoise. Parmi les dépenses « innovantes », le relèvement de la valeur de l’indice de la fonction publique représente à lui seul 3 milliards d’euros. Mais il y a eu aussi le sauvetage d’Alsthom (une tranche de 500 millions à renouveler), le milliard pour les prisons de Valls, le demi-milliard pour la justice et la police de Bernard Cazeneuve. Evidemment ces dépenses devraient être compensées par des économies. Michel Sapin a avancé une récupération d’impôts impayés de 5 milliards, et les grandes sociétés ont été invitées par Bercy à payer une partie de leurs impôts 2018 dès cette année (donc on ne peut compter sur ces recettes en 2017). Bref on est dans le domaine de l’irresponsabilité totale. Mais qu’importe «  Il y a toujours un budget rectificatif après une élection présidentielle…» disait un parlementaire socialiste heureux.

 

La nouvelle couche Macron

Mais là-dessus le candidat Macron en a rajouté une couche, il ne pouvait pas ne rien apporter dans la corbeille de la mariée. Il a mis en gros 12 milliards  dont 5 milliards représentent la première tranche d’une dépense globale de 50 milliards au cours du prochain quinquennat, consacrés à tout ce qui est bon : transition écologique, formation professionnelle, révolution numérique, modernisation des services publics. Il y a un gros milliard pour la défense nationale, la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des assujettis représente 4 milliards et demi, et la refonte de l’ISF quelque 2 milliards. Si on y ajoute les 20 milliards que représente les engagements de l’Etat vis-à-vis des entreprises au titre du CICR (Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et la Recherche), c’est environ 32 milliards qui vont devoir être financés.

 

45 milliards : mais la croissance sera là !

En dehors de la chasse à la fraude lancée par Michel Sapin, dont on espère 5 milliards, on ne voit pas où trouver les recettes nouvelles pour couvrir les 45 milliards promis par les uns ou les autres. Mais la croissance peut tout arranger, elle permet des recettes de TVA en particulier qui se gonfleront en même temps que le PIB. Le taux anticipé par Bercy aujourd’hui est de 1,8 %. Il est déduit des signes de redémarrage de l’économie française enregistrés depuis le début de l’année. Mais il repose là encore sur deux hypothèses fortes : la paix sociale (en 2016 le printemps El Khomri a coûte un demi-point de croissance), le maintien à un très bas niveau du taux de service de la dette, et ici on feint d’ignorer que le relèvement des taux semble inévitable compte tenu de l’évolution de la politique de la FED. En charge du Budget, Gérald Darmanin, s’il n’est pas magicien (comment le serait-il ?) ne pourra compter que sur les truquages de Bercy…et l’indulgence des contrôleurs de Bruxelles.

 

 
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Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


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