Commandez

Jacques Garello l www.libres.org

Lettre ouverte aux retraités actuels et futurs, cet opuscule est un véritable condensé de tout ce que Jacques Garello a écrit sur le sujet. A lire absolument si vous vous interrogez sur le futur du système des retraites par répartition.

130 pages, 12€

Bulletin de commande

Portait

Innovation et destruction créatrice

C’est certainement au titre de sa théorie de l’innovation et de la destruction créatrice que Schumpeter est le plus connu. Il a le mérite de replacer au cœur de l’économie le personnage de l’entrepreneur, totalement oublié depuis Jean Baptiste Say.

Lire la suite...
Notre système de soins en faillite PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 08 Novembre 2016 00:00

Après les médecins urgentistes, puis les généralistes, voici les infirmiers, le personnel de soins et les étudiants en manifestation contre le sort que leur réserve le Ministère de la Santé. Ce n’est qu’un nouvel épisode de la lente agonie de notre système public. Livré à la désorganisation, à l’absentéisme, puis aujourd’hui à la compression des budgets. Derrière tout cela, deux causes principales : manque de personnel qualifié, mauvaise gestion. La solution ? Libérer la médecine et l’hôpital.

 

La situation de notre système de santé

Un article récent de l’IRDEME (Emploi 2017, 2 novembre) fait le point de cette situation. En l’an 2.000, la France était considérée par l’OMS comme le pays au meilleur système de santé de l’OCDE. Aujourd’hui tous les critères convergent : c’est la déroute. Les effectifs de personnels de santé pour 1.000 habitants sont parmi les plus faibles et les hôpitaux publics sont obligés de recruter bon nombre de médecins étrangers, souvent des Africains. Pour 1.000 habitants, il y a en France 3,4 médecins et 7,7 infirmiers, à comparer avec la Suisse, qui culmine à 3,8 et 14,1, ou les Etats-Unis ou la Suède, et même avec les Allemands (3,7 et 9,7). Seule la Grande Bretagne, empêtrée dans son National Health Service, fait moins bien pour les médecins (2,4) mais mieux pour les infirmiers (9,1).

La France se caractérise encore par un surcroît de prescriptions et de consommation de médicaments. Les médecins prescrivent en moyenne 4,5 médicaments par ordonnance, contre 0,8 dans les pays scandinaves. En antibiotiques, par exemple, la France est à 41 % au-dessus de la moyenne européenne.

 

La médecine est-elle encore libérale ?

L’explication du déclin est à deux vitesses. D’une part, la médecine a été socialisée par le monopole de la Sécurité Sociale, la liberté des honoraires n’existe pas, et l’Etat a bloqué le secteur à honoraires libres et les dépassements d’honoraires. Si on y ajoute la fiscalité personnelle, on comprend que la profession libérale ne tente plus qu’une grosse moitié des praticiens (130.000 sur 230.000) ; ils cherchent à se salarier et à travailler en « free lance » affectant souvent une partie de leur temps libéré à des missions humanitaires. La désertification médicale est devenue un drame dans de nombreux départements ruraux. D’autre part, la socialisation a entraîné l’irresponsabilité généralisée, puisqu’on s’est écarté de la logique assurancielle pour lui préférer la redistribution (les biens portants payent pour les malades). Du côté des patients comme des prescripteurs, il n’y a aucune modération de la consommation médicale.

 

Le poids du public

Le dysfonctionnement du système de soins a pour foyer principal l’hospitalisation publique. Sa gestion est grevée par le statut du personnel : l’emploi à vie incite à l’irresponsabilité, qui se traduit par une moindre productivité, une moindre cohésion et un absentéisme record. Les Cette mauvaise performance du secteur public est due principalement à deux éléments : la structure de l’appareil hospitalier français, et le fait que le personnel soit fonctionnarisé. Les hôpitaux publics sont de trop faible taille pour être rentables et offrir des prestations et des équipes de qualité. Un tiers des hôpitaux publics a moins de 30 lits (contre 9 % des privés) et la distance moyenne à l’hôpital est de 35 km (contre 100 en Suède !). Ce mitage hospitalier est ruineux. Dans les hôpitaux publics, les directeurs sont paralysés dans leur gestion et ont affaire à des syndicats extrêmement revendicatifs : « mission impossible » dit Philippe François de l’IFRAP. Une comparaison des deux secteurs, en termes de personnel, est très révélatrice : pour 1.000 lits, il y a au total 30% de personnel médical ou technique en plus dans le secteur public et trois fois plus d’administratifs. La mesure détaillée de ce sureffectif du public par rapport au privé montre qu’il représente : 59 % pour les infirmiers spécialisés, 21 % pour les infirmiers non spécialisés, 49 % pour les aides-soignants, 251 pour le personnel administratif ! La tendance est inverse pour les personnels techniques (6 employés pour 1.000 lits dans le public et 15,6 dans le privé), mais est-ce une bonne chose ? Cela n’empêche pas le Ministère de la Santé Publique de pénaliser les hôpitaux et cliniques privés : au lieu d’aligner la gestion du public sur le privé, on fait l’inverse. La solution est évidemment dans la privatisation et la concurrence : un système de soins performant, moins coûteux, à la portée de tous, et des praticiens et soignants de qualité.

 

 

 
More Articles :

» Le discrédit de la classe politique

Les méandres de la position gouvernementale autour de la loi travail jettent un discrédit de plus sur nos dirigeants actuels. Un sentiment populaire se renforce : on ne saurait attendre rien de bon de cette classe politique, incapable d’avoir...

» Les médecins en grève contre leur ministre de tutelle

Le conflit avec Marisol Touraine s’envenime. Quelle prochaine escalade ?

» L’élimination des crises

Je me suis efforcé jusqu’à présent de présenter tout ce qui sépare l’économie naturelle, avec ses lois conformes à la nature des hommes et de leurs relations, et l’économie artificielle que la politique nous fait subir. La semaine...

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...