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Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

48 pages, 22 portraits, 5€

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Les sentiments, bases de la société

Charles Fourier a inspiré Proudhon, mais Marx l’a méprisé. Marx l’économiste rejettera avec violence les « utopies » des Français, construites en ignorance totale des lois de l’économie. Il est vrai que Fourier part du principe qu’une société ne peut être harmonieuse que si elle rencontre les sentiments des individus.

 

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Main basse sur l’épargne des Français PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 20 Septembre 2016 00:00

Les récentes dispositions concernant l’APL (aide personnelle au logement) marquent la détermination de Bercy de détruire l’épargne des Français : avoir un livret A trop garni fera perdre le bénéfice de l’APL. Il y a certes beaucoup à dire concernant cette allocation. Mais la France cultive le paradoxe d’être l’un des pays où les gens épargnent le plus, mais où l’épargne est systématiquement fiscalisée et gaspillée. Ce paradoxe ne s’explique que par un présupposé idéologique cultivé depuis des siècles : l’épargne freinerait l’activité économique.

 

L’épargne fiscalisée

Le succès du livret A est dû sans aucun doute à l’exemption fiscale dont il est assorti. Mais cela ne masque pas le triste sort de l’épargnant français. L’épargne est ponctionnée au moment de sa constitution : l’impôt sur le revenu frappe toutes les ressources du contribuable, peu importe ce qu’il en fait. L’épargne est ensuite ponctionnée quand elle est placée et rapporte des intérêts ou des plus-values. Enfin l’épargne est ponctionnée quand elle est transmise soit par donation (droits de mutation) soit par testament (droits de succession). La chasse à l’épargne a pour premier effet de priver l’économie française des investissements dont elle a besoin, de sorte que les entreprises (de toutes tailles) passent entre les mains d’investisseurs étrangers (qui obtiennent parfois de singuliers passe-droits) ou se délocalisent, ou dépérissent. Mais alors pourquoi épargner ? L’épargne populaire, concernant des personnes aux revenus modestes (certaines sont éligibles aux APL), est un réflexe de précaution contre l’incertitude de la conjoncture et, plus encore, contre la crainte d’effondrement qu’inspire le système étatique de protection : retraites et maladie.

L’épargne nationalisée

Mais ce n’est pas le point de vue de Bercy, et cela ne date pas d’hier. Pour les ministres des Finances successifs, il est important que l’épargne retourne d’une manière ou d’une autre dans l’escarcelle de l’Etat. L’empêcher d’en sortir (c’est la réduction des APL) mais surtout l’obliger à y entrer. Le procédé est très simple : l’épargne constituée par les ménages sous forme de livret A va être transférée à la Caisse des Dépôts et Consignations. Cela s’est fait de tous temps pour tout l’argent récolté sur les livrets des Caisses d’Epargne, institutions publiques, puis lorsque les banques ont été autorisées à tenir des livrets A sur une portion importante de l’argent déposé. L’épargnant l’ignore : son épargne n’est pas à l’abri dans des coffres sécurisés, en fait c’est tout de suite entre les mains de la CDC qu’il se trouve : c’est une nationalisation de l’épargne privée.

Confisquée par la CDC, l’épargne a deux destinations : les grands travaux d’équipement du territoire, et le logement dit « social ». De plus, le gouvernement Ayrault a créé la Banque Publique d’Investissement (Bpifrance) qui a pour mission de fournir des capitaux pour des projets présentés par des PME ou des entreprises « stratégiques » qui ne trouvent pas prêteurs en banque ou en bourse, mais qui à coup sûr sont innovantes. Les choix de la CDC et de Bpifrance (dont l’Etat et la CDC détiennent la majorité des parts) se sont révélés « malheureux » et la Cour des Comptes a épinglé les gaspillages et passe-droits qui accompagnent des investissements sans aucune rentabilité et sans lendemain.

Libérer l’épargne

Cette situation ne s’explique que par deux a priori idéologiques. Le premier, c’est que l’épargne freine la consommation, qui serait le moteur de l’activité économique ; depuis Malthus (1790) relancé par Keynes (1936), l’épargne est tenue pour une fuite dans le circuit, c’est de l’argent stérile qui diminue la demande globale (comme si elle ne devait jamais être utilisée, enfouie dans la cassette d’Harpagon). Le deuxième stipule que l’épargne privée est stérile entre les mains des particuliers, mais prospère entre les mains des institutions financières publiques. On peut y ajouter une pincée de justice sociale : l’épargne et le capital sont entre les mains des riches, il vaut mieux qu’ils soient entre les mains de la collectivité. Les titulaires de livret A, on le sait, sont des capitalistes exploiteurs.

Il faudrait en fait libérer l’épargne française de ces sornettes et de cette exploitation étatique, au lieu de la fiscaliser et de la nationaliser. A l’heure des promesses de réforme fiscale les candidats devraient retenir une mesure préconisée depuis des années par Pascal Salin et ses amis libéraux : l’impôt sur la dépense. La déclaration annuelle porterait sur deux colonnes : d’un côté les revenus (y compris éventuellement les revenus de l’épargne placée), de l’autre l’épargne constituée, sous toutes ses formes. Le calcul de l’impôt prendrait pour base la différence entre les totaux des deux colonnes. Voilà un moyen de relancer l’investissement productif, la croissance et la compétitivité.

 
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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
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Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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