Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

109 pages, gratuit

Bulletin de commande

Portait

Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

Lire la suite...
La City face à l’Europe : la bourse ou la banque ? PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 23 Février 2016 00:00

Les accords de vendredi dernier ont failli buter sur le statut des bourses londoniennes, et en particulier de la plus dynamique d’entre elles la LSE, London Stock Exchange. S’agit-il d’une simple question de concurrence déloyale, les Anglais causant un dommage aux Allemands et Français ? Il faut sans doute aller plus loin, et comparer les mœurs financières des deux côtés du Channel – et de l’Atlantique : la banque ou la bourse ?

 

 

Concurrence déloyale

Voilà des années que les places de Paris et Francfort se plaignent des pratiques londoniennes. On dit que François Hollande, qui n’a pas été très pugnace dans les négociations du Brexit, avait cependant un objectif prioritaire : obtenir que la Cité de Londres se plie aux disciplines et contrôles imposés par Bruxelles aux bourses du continent. Il semblerait que la City garde en fait sa belle indépendance.

C’est sans doute que la concurrence n’est pas si déloyale qu’on le dit ; dans les milieux européens on tient pour suspecte toute situation où l’un est plus compétitif que l’autre ; malheur au meilleur ! En particulier la LSE a fait depuis longtemps la preuve de son efficacité. Bourse privée, véritable entreprise (comme les autres bourses de la City), elle ne subit pas les pressions de la classe politique, rien de comparable à notre AMF, Autorité des Marchés Financiers, qui est en liaison permanente avec Bercy et se propose d’accompagner le plan de régulation budgétaire mis en place en 2012. Jouer à la fois sur les cours de la Bourse de Paris et sur les déficits du budget de l’Etat est un grand écart.

De façon plus générale, alors que les Anglais ont interprété la crise de 2008 comme le fruit des interventions intempestives des administrations et de la classe politique, les Européens continentaux ont entendu renforcer les contrôles publics.

 

Les bourses et la santé des banques

La différence d’esprit et de pratique entre les deux rives du Channel s’exprime notamment à propos des banques. Bien qu’elle ait été révélée par les erreurs des investissements chinois et asiatiques, la crise boursière actuelle se prolonge en Europe, marquée notamment dans deux secteurs : celui de l’énergie, à cause de la baisse du prix du pétrole, et celui des banques. Ce sont les actions des banques qui ont été visées par priorité.

Les banques continentales sont en bien mauvaise passe, leurs actifs sont dépréciés, et certaines d’entre elles n’offrent plus la sécurité minimale que l’épargnant devrait exiger. La puissante Deutsche Bank est en grand danger, tout comme les deux plus grandes banques italiennes (jusqu’à la prestigieuse Monte Pietà di Siena), tout comme les espagnoles engagées dans l’immobilier, voire même les banques suisses (UBS et Crédit Suisse).

Comparativement, malgré les craintes inspirées par la RBS (Royal Bank of Scotland), les banques britanniques ont mieux fait leur travail de sélection des risques. Les banques françaises s’en sortent en réduisant drastiquement leurs investissements, et leurs réserves sont maintenant taxées par les taux négatifs (nous l’évoquions la semaine dernière).

Nous sommes persuadés que le « quantitative easing » de la Banque Centrale Européenne s’est fait au détriment du « qualitative easing ». Les crédits bancaires continentaux ont été essentiellement accordés à l’immobilier (Espagne) et surtout aux titres émis par les Etats : la masse de liquidités a été déversée pour noyer la dette publique.

 

Tradition anglo-saxonne ?

En fait, le dynamisme de la City vient d’une tradition anglo-saxonne : les financements passent par la bourse plutôt que par les banques. La Bourse est plus vigilante que les banques, et à la LSE on ne se contente pas d’introduire de grandes sociétés, ou de rechercher des fonds d’Etat, des investisseurs plus modestes ont aussi leur chance, au prix d’une meilleure sélection. Les banques continentales, de leur côté, se tournent plus facilement vers de gros clients, dont l’Etat et les grandes compagnies, dont la taille se veut rassurante ; en cas de difficulté, on compte sur les interventions publiques pour amortir le choc.

On ne peut cependant systématiser cette opposition tant il est vrai que les bourses européennes et la City sont étroitement liées au réseau américain, les financiers de New York ou Chicago étant partenaires dans des pools comme Euronext. D’autre part, de nouveaux réseaux financiers se créent actuellement, avec le crowdfunding (fonds de participation qui attirent une petite épargne acceptant le risque) ou les business angels (hauts risques sur des start-up dans les secteurs de haute technologie où les innovations propulsent la rentabilité vers des sommets). La finance s’affranchirait-elle enfin des réglementations, le marché y reprendrait-il ses droits ?

 
More Articles :

» Angela Merkel lance sa campagne

Rien de révolutionnaire : elle garde un cap qui vaut le succès à son pays

» La bourse ou la banque : un choix remis en cause

Comment financer les crédits dont les acteurs économiques ont besoin ? Si on laisse de côté auto-financement ou financement de proximité (business angels), il existe deux canaux différents mais connectés : trouver en bourse des actionnaires...

» L’économie française aux couleurs de l’Elysée

« L’économie française retrouve des couleurs » : titre des deux pages que le Figaro de mercredi dernier consacrait à la conjoncture, assorties de deux photos géantes du Président et de son Premier Ministre. Même enthousiasme à la une...

» La Russie et l’espace économique européen

La visite de Vladimir Poutine en France a inspiré plusieurs articles sur la situation de l’économie russe et l’importance de ses relations avec les pays européens, notamment les membres de l’Union. Les considérations politiques sont...

» Quand François Fillon peut parler de son programme

Ce qui se passe depuis une semaine est révélateur : François Fillon fait l’impasse sur « les affaires » et parle de plus en plus de son programme. Echapper aux pièges des interviews où les interlocuteurs reprennent avec une insistance...

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...