Commandez

Jacques Garello l www.libres.org

Lettre ouverte aux retraités actuels et futurs, cet opuscule est un véritable condensé de tout ce que Jacques Garello a écrit sur le sujet. A lire absolument si vous vous interrogez sur le futur du système des retraites par répartition.

130 pages, 12€

Bulletin de commande

Portait

L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

Lire la suite...
La Zone Pacifique de Libre Echange PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 06 Octobre 2015 00:00

C’est fait depuis hier matin lundi 2 : l’accord de libre échange dans la zone pacifique a été signé à Atlanta. C’est de bon augure pour la croissance mondiale. Par comparaison, la zone atlantique a du mal à trouver un accord. Tout est-il réglé pour autant ? La liberté du commerce n’élimine pas les formes plus subtiles de protectionnisme, ni les interférences politiques, ni les tentations dirigistes des partisans de l’harmonisation – notamment en matière fiscale.

 

 

Le libre échange garantit la croissance

Lorsque s’est déclarée en 2008 la crise financière, il était à craindre qu’elle entrainât une vague mondiale de protectionnisme. Le scénario aurait été le même qu’après le Jeudi noir de 1929 : les pays fermant leurs frontières, cherchant des solutions nationales, suscitant les sentiments nationalistes, puis xénophobes. La Conférence de Bretton Woods en 1945 a eu raison d’attribuer la paternité de la deuxième guerre mondiale à la surenchère protectionniste, qui a légitimé le national-socialisme et rompu l’alliance des pays libres de l’époque.

En 2008, au sein du G 20, la tentation était grande de suivre la pente souverainiste. Fort heureusement il n’en a rien été et le commerce mondial a survécu, même atteint, même accompagné de mesures protectionnistes, sous forme de normes certes dangereuses mais moins drastiques que les droits de douane et les quotas d’importation. Seul le secteur agricole demeure aujourd’hui encore en suspens mais l’affaire est récurrente et antérieure à 2008.

Peu ou prou, les flux commerciaux ont été maintenus, permettant la poursuite de la croissance et, pour beaucoup de pays, la sortie de crise ; les performances de l’Allemagne sont instructives et confirment l’étroite complémentarité entre productions du monde entier et la nécessité de marchés internationalement ouverts. Dans ces conditions, on ne peut que se réjouir de l’accord d’Atlanta.

 

Le Pacifique en avance sur l’Atlantique

Douze pays ont créé cette zone pacifique : Etats-Unis, Canada, Japon, Australie, Nouvelle Zélande, Singapour, Brunei, Malaisie, Vietnam, Mexique, Chili et Pérou. Ils n’ont guère d’autre point commun que d’être aux rives du Pacifique. Les uns sont riches, d’autres ne le sont pas ; les uns sont acquis au capitalisme, les autres (comme le Viet Nam), ne le sont pas encore tout à fait. A cause de la spécificité de son système économique, la Chine n’est pas partie prenante. La Zone est-elle construite contre elle, ou la porte lui est-elle ouverte ? Cette question hypothèque la zone à plus ou moins long terme. Toujours est-il que ces douze pays représentent aujourd’hui 40 % de l’économie mondiale. Ils ont trouvé un accord sur des points délicats où les intérêts étaient considérables et opposés : liberté pour les Américains et les Néo-Zéloandais de vendre leur lait partout dans la zone, liberté pour les laboratoires pharmaceutiques de concurrencer les Américains et fin des restrictions sur les exportations d’automobiles japonais. Certes, pour la plupart de ces concessions majeures, des délais de mise en œuvre sont lointains, mais le principe est accepté, ce qui n’était pas arrivé depuis le début des tractations il y a sept ans.

La zone Atlantique, on le sait, a beaucoup plus de mal à s’affirmer, l’existence de l’Europe de Bruxelles, avec ses politiques de soutien et de redistribution, y est pour beaucoup. La France ne tire pas ses partenaires vers le libre échange. L’Europe veut bien de la concurrence à l’intérieur de l’Union, mais demeure une citadelle contre le reste du monde pour beaucoup de biens et services. De plus, la gestion de l’euro est un handicap pour la loyauté de la concurrence, la dévaluation récente a eu pour objectif de doper les exportations.

 

Pas de libre échange sans libéralisation globale

En fait, la libre circulation des biens et services est tributaire des politiques et réglementations financières, fiscales. Les Américains jouent sur le velours tant que le billet vert, même déprécié par la dette du Trésor, demeure la monnaie mondialement acceptée : leurs prix nationaux sont au plus bas. Les autorités européennes essaient de les imiter et de les supplanter à travers la gestion de l’euro. Le marché financier mondial doit également être flexible et les placements libres. Or, l’OCDE part en guerre contre les paradis fiscaux, ce qui ne manque pas de redistribuer les investissements et les localisations entre pays. Enfin, l’obsession de l’harmonisation habite toutes les instances nationales et les accusations de dumping se multiplient : dumping fiscal certes, mais aussi dumping social (voir le niveau des salaires dans quelques pays asiatiques signataires de la zone) dumping environnemental (dont on accuse en particulier le Mexique ou la Chine). En d’autres termes, ceux qui veillent sur le commerce mondial conçoivent la concurrence comme l’alignement de tous les producteurs sur une norme unique, établie par l’organisation commune, alors que la concurrence repose sur la diversité des normes et leur évolution immanquable et spontanée vers les normes les plus satisfaisantes. Enfin, le poids des lobbies est considérable et les enjeux électoraux sont importants. A quand le vrai libre échange ?

 
More Articles :

» La guerre économique n’aura pas lieu

Je suis naturellement inquiet par la montée du protectionnisme, qui a gâché le plaisir de l’élite mondiale réunie à Davos. En 2008, après la crise des subprimes, le G20 (sous l’influence conjointe d’Obama et Sarkozy) avait mis ses...

» La mondialisation est-elle remise en cause ?

Aux Etats-Unis, en Europe, les idées et discours protectionnistes ont progressé. Antimondialistes et altermondialistes ont la cote, et l’Organisation Mondiale du Commerce s’inquiète. Non seulement cette inquiétude n’est pas justifiée,...

» Les 100 jours de Trump

Le bilan est-il aussi négatif que le disent les commentateurs français ?

» Angela Merkel ne se laisse pas impressionner

Elle a tenu tête à Donald Trump, et tiendra face au SPD qui soutient…Macron

» Le monde change…

La percée spectaculaire de Benoît Hamon tient à l’idée de revenu universel. L’argument qui soutient cette proposition infantile semble solide : c’est la fin du travail. La révolution numérique nous conduirait à l’ubérisation, à la...

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...