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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

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Encouragement aux Petites entreprises PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 02 Juin 2015 00:00

Petites et Moyennes Entreprises, et Très Petites Entreprises : elles ont la sympathie des princes qui nous gouvernent. Elles seraient le terreau de la croissance française et le ferment de la reprise en cours ; elles créeraient des emplois. Autant de raisons pour les choyer : Monsieur Rebsamen, ministre du travail, leur offre les services des syndicats dont elles étaient privées ; Monsieur Macron, ministre de l’économie, leur permet d’acheter plus cher les importations d’énergie et d’équipement dont elles ont besoin et Monsieur Sapin, ministre des finances publiques, soigne leur fiscalité.

 

 

Leur personnel enfin représenté

Les patrons de ces PME et TPE ne sont pas très avertis des bienfaits syndicaux. Voici que le projet de loi Rebsamen va permettre aux salariés de ces entreprises d’être représentés et défendus par des syndicalistes. Car tout le monde sait que dans ces PME TPE le patron est de droit divin, ignore jusqu’à l’existence du dialogue social, c'est-à-dire de la lutte des classes. Jadis, pour se prémunir de la gent syndicale, les patrons jouaient sur les « seuils » : avoir moins de 10 salariés dispensait d’avoir des délégués du personnel ; à partir de 50, un Comité d’entreprise ; à partir de 300, un CHSCT et une grande série de seuils ( 200, 500, 1.000, 2.200) s’accompagnaient de nouvelles prérogatives syndicales : crédits d’heures de délégués, journées de formation, obligations de partage des profits, etc.. Les « effets de seuil «  ont été considérés comme négatifs, les employeurs se refusant à embaucher pour ne pas encourir de nouvelles contraintes sociales et syndicales. Fort heureusement, les seuils vont disparaître, au moins dans un sens : les plus petits n’échapperont pas à l’ingérence des syndicats. Alors, pourquoi cette fronde patronale, en particulier de la part de la CGPME ? Le ministre explique, entre autres arguments, que les syndicats vont pouvoir non seulement assurer la défense juridique des salariés, mais aussi permettre de développer des activités culturelles dans l’entreprise. Qui seront ces chevaliers blancs ? Assurément pas des employés de l’entreprise, trop petite pour l’exercice d’une saine démocratie participative. Mais voici une situation favorable à l’emploi dans l’activité syndicale : c’est un élément efficace de lutte contre le chômage.

 

Leurs coûts allégés par l’euro faible

Nul doute que l’euro faible soit un facteur de croissance pour les entreprises françaises. Malheureusement, si nos avions, hélicoptères ou produits alimentaires se vendent moins cher dans la zone dollar, les PME TPE travaillent surtout pour le marché national. Mais elles s’approvisionnent aussi en dollars, désormais plus chers. La facture pétrolière s’alourdit, ainsi que les importations de machines outils ou de matières premières payées en dollars. Au total, elles ne semblent pas bénéficier de cette fameuse « reprise » que l’on mesure dans les grands groupes (dont les chiffres d’affaires et les profits se font surtout à l’étranger). Ce sont des « laissées pour compte », elles n’ont pas pu s’aligner « sur les astres », comme dit le FigEco (29 mai). Certains, qui ne manquent ni d’optimisme ni de culture économique (keynésienne bien entendu) soutiennent que l’euro faible (grâce à Messieurs Macron et Draghi) a libéré du pouvoir d’achat pour les Français : l’argent que les consommateurs ne mettent plus dans leur réservoir se dépense dans les PME TPE. Mais « la baisse du prix du pétrole ne suffit pas » dit François Asselin, président de la CGPME, qui constate en particulier que si la vente des immeubles neufs a augmenté, la baisse des mises en chantier dans les BTP est considérable ; or, ce secteur est celui qui fait vivre nombre de petits sous-traitants.

 

La fiscalité est stabilisée

Nous avons souvent expliqué ici que les performances et la compétitivité des entreprises françaises étaient obérées par le coût de la main d’œuvre, lourdement grevé par les charges sociales. Or, dans les PME TPE, ces coûts représentent la plus lourde part des charges d’exploitation. De plus, les impôts sur les sociétés et même sur les revenus sont plus ressentis dans les PME TPE qui ont le plus souvent la forme juridique d’entreprises individuelles. Le matraquage fiscal de ces derniers trimestres et l’instabilité des lois de finances ont dérouté tous ces entrepreneurs, ils n’ont pas la possibilité de rechercher « l’optimisation fiscale » ailleurs qu’en réduisant leur activité et leur personnel. Il faudra attendre que le taux de l’impôt sur les sociétés baisse de dix points et que la progressivité de l’impôt sur le revenu soit atténuée d’au moins vingt points pour que les entrepreneurs reprennent confiance. A juste titre Bernard Zimmern se bat depuis vingt ans pour qu’en France on libère les « business angels », ces investisseurs privés, appartenant à la famille ou aux relations, qui financent les start up et autres entreprises de faible taille grâce à des exonérations fiscales. Il n’en est rien en France, à la différence de la grande Bretagne et des Etats Unis. Et en Allemagne, ce sont des entreprises de taille intermédiaire (entre 500 et 3.000 salariés) qui sont les fers de lance des exportations.

 
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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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