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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Les sentiments, bases de la société

Charles Fourier a inspiré Proudhon, mais Marx l’a méprisé. Marx l’économiste rejettera avec violence les « utopies » des Français, construites en ignorance totale des lois de l’économie. Il est vrai que Fourier part du principe qu’une société ne peut être harmonieuse que si elle rencontre les sentiments des individus.

 

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Le Japon à l’épreuve de l’Abenomics PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 24 Février 2015 00:00

On peut sans doute s’inquiéter de la situation de l’économie grecque, qui n’a jamais été très flamboyante, en revanche la conjoncture du Japon devrait inquiéter non seulement les Japonais, mais tous ses partenaires mondiaux. Voici en effet un pays qui est à nouveau en récession, et où l’inflation s’est ouvertement déclarée. Responsable : le premier ministre Shinzo Abe et sa politique « originale ».

 

 

Abenomics : hara kiri économique

Tout commence en 2008. Comme la plupart des pays de l’OCDE le Japon est confronté à la crise : perte de 1% du PIB, puis en 2009, récession encore plus brutale : perte de 4,50 %. Jusque là, le sort du Japon n’est pas original, les chiffres sont les mêmes en Allemagne par exemple. Mais les Allemands ne sont pas keynésiens et n’aiment pas jouer avec la monnaie (leur histoire nationale leur fait craindre le pire). Tandis que les Japonais ont un « magicien » (comme Draghi) : Shinzo Abe. Certes Ben Bernanke à la tête de la FED avait accéléré le « quantitative easing », c'est-à-dire l’injection massive de monnaie dans l’économie américaine en vue de relancer l’économie, mais Abe va plus loin et défie les lois de la pesanteur économique : la Banque du Japon est poussée à doubler la masse monétaire en un an ! Défier les lois de la pesanteur, cela peut se faire, en sachant que l’on va retomber tôt ou tard, c’est maintenant. C’était suicidaire, les Japonais disent hara kiri. Ainsi naît l’abenomics, l’économie à la façon Abe, forme échevelée du keynésianisme, à comparer avec la reaganomics, forme échevelée de classicisme, qui avait à partir de 1980 valu plus de vingt ans de croissance ininterrompue aux Etats Unis.

 

Premiers succès

Des économistes toujours en quête d’innovations ont applaudi à l’expérience et l’ont expliquée sur-le-champ. Le miracle abéien se produit en 2010 : 4,7 % de croissance du PIB.  On fait remarquer que si la dette publique japonaise est élevée, elle est surtout portée par les Japonais eux-mêmes, donc peu inquiétante. D’autre part, on estime que les Japonais sont prêts à faire des sacrifices en acceptant de payer deux points de plus de TVA (passant de 5 à 8 %). Mais on ne croit pas au risque d’inflation, parce que les crédits vont dynamiser les investissements des grandes entreprises (Toyota), du gouvernement, et la dépréciation du yen dopera les exportations. Voilà donc autant de raisons pour justifier les abénomics.

Quand on passe en revue les composantes de cette politique, on en conteste l’originalité, car ce sont exactement les mêmes arguments que l’on entend, à l’époque et aujourd’hui même : dépréciation de l’euro, investissements publics, lutte contre « la déflation ».

Seuls quelques économistes libéraux attardés ou monétaristes, comme nous-mêmes dans cette Lettre, avaient dénoncé la folie furieuse de l’Abenomics.

 

L’inflation, menace pour les structures japonaises ?

Quatre ans plus tard, le réveil est difficile. Dès 2011 la perte de PIB est de 0,5 %. Puis une faible croissance en 2012 et 2013 (1,8 et 1,5) fait espérer la fin de crise. Hélas 2014 c’est croissance zéro, et les prévisions pour les années à venir sont négatives (sauf dans l’entourage de Shinzo Abe). Les Japonais sont en train de perdre leur pouvoir d’achat, avec une inflation ouverte de quelque 3 % dans un pays qui connaît traditionnellement une totale stabilité des prix, et des revenus stagnants, voire en diminution en 2014. Les consommateurs japonais demeurent cependant prudents, et leur demande a diminué au cours des derniers trimestres. Les tensions inflationnistes peuvent donc se stabiliser. Mais, en matière d’inflation, le drame commence lorsque les consommateurs font des anticipations inflationnistes et cherchent à dépenser leur argent tant qu’il a encore de la valeur.

Il n’y a plus de miracle à attendre. Et nul doute que l’émission de fausse monnaie entraînera, ici comme ailleurs, un dérèglement total de l’économie, à l’inverse de ce que l’on attend. C’est très regrettable dans un pays dont les structures de production sont réputées solides, et dont le taux de chômage demeure très faible, à 3 % actuellement. Une course est donc engagée entre les ravages de l’inflation et la flexibilité de l’économie.

La leçon japonaise n’est pas très souvent évoquée en Europe. Elle devrait pourtant donner à réfléchir à ceux qui applaudissent à la politique de la Banque Centrale Européenne. Elle aussi est suicidaire.

 
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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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