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Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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QUI A SAUVE L’AMERIQUE ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean Yves Naudet   
Mardi, 18 Février 2014 00:00

L’Amérique va mieux que nous. Jacques Garello, avec humour, en a parlé dans son dernier éditorial. Dans le même esprit, poursuivons son analyse sur le terrain économique. La reprise est là. Pour certains, c’est la FED, par sa politique monétaire audacieuse, jointe aux déficits budgétaires, qui a sauvé la situation : « succès » des politiques keynésiennes de relance ! Bien sûr, il n’en est rien ; c’est la flexibilité de l’économie américaine qui a sauvé les USA, en dépit des politiques de relance. Le risque, c’est que ce laxisme brise la reprise. Comme le laissait entendre J. Garello, ce qui menace l’Amérique, c’est ce qu’elle emprunte au modèle français !

 

La croissance est revenue

La situation économique américaine s’améliore. C’est vrai pour la croissance. L’accélération est sensible. La croissance trimestrielle du PIB américain était de 1,1% au premier trimestre 2013, de 2,5% au second, de 4,1% au troisième et enfin de 3,2% au quatrième, soit pour l’ensemble du second semestre une hausse de 3,7%, chiffre le plus élevé depuis dix ans. Certes, la hausse n’est que de 1,9% pour l’ensemble de l’année, mais à cause d’un premier semestre décevant. Notons que la fermeture pour 16 jours des services fédéraux (le « shutdown ») et donc du robinet à dépenses n’a pas bouleversé la donne. Chez nous, bien que nos gouvernants aient crié victoire parce que le résultat pour 2013 a été de 0,3 % au lieu des 0,1 % attendus, on est toujours dans la zone des zéros et les perspectives pour 2014 ne sont guère meilleures.

Aux Etats-Unis, la consommation est en hausse de 3,3% et les exportations progressent plus vite que les importations ; elles ont ainsi « tiré » la croissance. Plus important, les investissements sont en hausse de 3,8% au quatrième trimestre et c’est là le moteur véritable de la croissance. Enfin, le nombre de ménages dont la valeur de la maison est inférieure à celle de l’emprunt qu’ils ont contracté pour l’acheter est tombé de 10 millions en 2012 à 6,4 millions en 2013.

 

Le chômage est au plus bas

L’emploi se porte beaucoup mieux : le taux de chômage, selon l’OCDE, était aux Etats-Unis de 9,6% en 2010, de 9,0% en 2011, de 8,1% en 2012 et il est tombé à 6,7% fin 2013. La comparaison avec la France est édifiante : 9,7% en 2010, comme aux USA ; puis 9,6% en 2011, 10,2% en 2012, 11% aujourd’hui : c’est aux Etats-Unis que la « courbe s’est inversée », pas chez nous. Et la zone euro est en moyenne à 12,1%, presque le double du taux de chômage américain !

La tentation est grande, et beaucoup ne s’en privent pas, de rapprocher ces résultats favorables, même s’ils ne sont pas extraordinaires, des politiques budgétaires et monétaires qui ont été menées.

S’agissant de la politique budgétaire, depuis 2009 les déficits fédéraux ont atteint des sommets et la dette fédérale elle-même a crevé plusieurs fois de suite son plafond, qui a dû être réajusté vendredi dernier pour éviter le risque de « shutdown ». L’accord passé entre Républicains et Démocrates pour accorder à l’administration fédérale un dernier ballon d’oxygène n’a été possible qu’avec la promesse de revenir progressivement à l’équilibre budgétaire, et sans recourir à des impôts nouveaux.

 

La politique monétaire laxiste

Mais les keynésiens, qui n’aiment pas s’attarder sur le poids des dettes souveraines, préfèrent insister sur les bienfaits de la politique monétaire de relance. Avec Greenspan d’abord, puis Ben Bernanke, la Fed a inventé les fameuses politiques monétaires « non conventionnelles » : le fameux QE (quantitative easing) a consisté à acheter mois après mois 85 milliards de dollars de bons du Trésor et autres titres. Le résultat a été l’explosion du bilan de la FED, dont les actifs sont passés de 831 milliards de dollars en 2006 à 4008 milliards aujourd’hui. Si vraiment la reprise dépendait de la politique monétaire, avec cette incroyable croissance monétaire, les Etats-Unis devraient être champions du monde de la croissance du PIB, loin devant la Chine. D’ailleurs on ne voit pas en quoi cette politique est innovante : depuis que la monnaie est confiée au pouvoir politique, celui-ci ne cesse de fabriquer de la fausse monnaie.

En fait, il n’y a aucun rapport entre ce laxisme monétaire éhonté et la reprise actuelle. Les partisans du QE soulignent volontiers que la création massive de dollars par la FED (en contrepartie des prêts au Trésor US) ne s’est pas traduite en inflation ouverte (1,5% de hausse des prix en 2013). Mais, comme nous l’avons déjà fait remarquer ici, la raison en est que ces dollars sont allés se placer ailleurs qu’aux Etats Unis, au point de déclencher l’inflation hors des frontières américaines. Ce sont les pays émergents qui maintenant croulent sous les dollars, au point qu’ils subissent une inflation sans cesse croissante.

Le QE est appelé maintenant à disparaître, mais cette révision (très relative pour l’instant) risque d’être aussi nocive que la précédente dérive.

De toutes façons, on ne voit pas quel lien le QE a pu avoir avec la reprise américaine. 

 

Faible fiscalité et grande flexibilité

Alors, d’où vient la reprise ?

Un premier élément est la fiscalité. La dernière étude de l’OCDE sur les recettes fiscales montre qu’elles s’élèvent aux Etats-Unis à 24,3% du PIB. Elles sont de 34,6% dans la moyenne de l’OCDE et de 45,3% en France. On mesure ici la différence ! C’est avec un véritable boulet aux pieds que les entreprises françaises participent à la mondialisation, tandis que les entreprises américaines ont plus de marge de manœuvre. C’est surtout l’incitation à entreprendre, travailler, créer, produire des richesses qui est favorisée dans le cas américain et stérilisée dans le cas français. Notre Président découvre les vertus de l’économie de l’offre et envisage 30 milliards de baisse des cotisations et 50 milliards de baisse des dépenses. S’il voulait approcher le taux de prélèvements américain, il faudrait diminuer recettes et dépenses de 20% du PIB soit…400 milliards! Chiche ?

Le second élément, c’est la flexibilité de l’économie et en particulier du marché du travail. Il faut être aveuglé par l’idéologie pour ne pas voir que les deux pays qui ont le marché du travail le plus flexible, depuis toujours pour les USA, depuis les réformes Schröder pour l’Allemagne, sont les pays qui ont les plus faibles taux de chômage et chez qui la reprise profite le plus à l’emploi. Les entreprises hésitent moins à embaucher quand elles ont des perspectives positives, fussent-elles incertaines, car elles savent qu’en cas de difficultés elles pourront facilement licencier. Quand l’emploi est artificiellement protégé comme en France, il est plus difficile de licencier, donc l’embauche se fait rare : on protège artificiellement ceux qui ont un travail et on exclue de l’emploi ceux qui sont au chômage. Cela se traduit par le fait que le chômage américain est avant tout de courte durée : les travailleurs sont entre deux emplois, alors qu’en France la durée moyenne du chômage approche une année. Embaucher plus facilement, c’est une incitation à innover et à prendre des risques. Quant aux fameux « partenaires sociaux », omniprésents chez nous, c’est un terme inconnu aux USA et quand les syndicats négocient c’est au niveau de l’entreprise. Pas de Grenelle aux USA, ni de grève générale !

Certes, la reprise américaine est fragile, car menacée par les « politiques de relance » qui perturbent la conjoncture, ainsi que par certaines décisions fédérales discutées, comme l’Obama Care en matière de santé. Mais il n’en reste pas moins que par rapport à l’Europe, et plus encore à la France, les Etats-Unis ont un fond économique solide, grâce à leur adaptabilité, qui leur permet de redémarrer plus facilement que les Etats colbertistes. François Hollande a-t-il retenu la leçon lors de son séjour aux USA ?

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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