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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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Les sentiments, bases de la société

Charles Fourier a inspiré Proudhon, mais Marx l’a méprisé. Marx l’économiste rejettera avec violence les « utopies » des Français, construites en ignorance totale des lois de l’économie. Il est vrai que Fourier part du principe qu’une société ne peut être harmonieuse que si elle rencontre les sentiments des individus.

 

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ISRAEL KIRZNER (1930- ) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 01 Juillet 2011 01:00

L’économie est déséquilibre

Figure emblématique de l’école « autrichienne », ce professeur à l’Université de New York a développé l’idée de son maître Mises : l’économie est déséquilibre.

Alors que tous les néo-classiques se sont épuisés (en vain) à expliquer comment naissait l’équilibre économique, et la plupart du temps l’équilibre macro-économique, Kirzner part du principe que, tout comme la vie, l’économie est déséquilibre. L’action humaine est évolution permanente, parce que les agents économiques acquièrent sans cesse de nouvelles informations, puisées de l’expérience. Chaque personne a sa propre histoire, et la mène à sa façon. Cette subjectivité, cette incertitude radicale et permanente, interdisent la construction intellectuelle d’une situation particulière appelée « équilibre ».

La concurrence, processus de découverte

Kirzner propose donc une vision du marché tout à fait différente de ce que l’on peut percevoir à travers le prisme déformant d’une analyse statique de l’offre et de la demande. Le marché est une recherche permanente d’un meilleur ajustement entre des décisions prises par des milliers de personnes ayant des besoins et des moyens différents.

Dans ce processus de découverte, la concurrence joue un rôle déterminant. Kirzner rejette la conception classique et statique qui définit un marché concurrentiel comme celui où il y a un grand nombre d’opérateurs, de faible taille, vendant un produit identique, et où des personnes parfaitement informées sont libres d’entrée et de sortir .Un tel marché a-t-il jamais existé ? Pour Kirzner la concurrence s’entend du libre échange et de la libre entreprise, sans entrave ni soutien. Peu importent le nombre, la taille ou l’information des opérateurs. La concurrence, comme son nom l’indique, est une course, une compétition, où chacun s’efforce d’être « meilleur » que les autres. Etre meilleur, c’est mieux satisfaire les besoins. La concurrence sollicite l’innovation, la création, elle soumet le producteur aux désirs des consommateurs.

L’entrepreneur kirznérien : nous sommes tous entrepreneurs

Schumpeter faisait de l’entrepreneur un surhomme appartenant à une classe sociale d’élites, et capable d’assumer des risques hors du commun. Pour Kirzner l’entrepreneur c’est celui qui pressent qu’un déséquilibre actuel pourrait être éliminé par une initiative qui sera appréciée au point de rapporter des profits. D’où vient cette antériorité d’information ? De sa vigilance, qui attire son attention sur ce que ne voient pas les autres. Ainsi prend-il des initiatives bien moins risquées, il n’est pas « preneur de risques », mais « réducteur » de risques.

Donc, n’importe quelle personne disposant d’une information qui le conduit à une initiative est un entrepreneur. La découverte mise en œuvre par l’entrepreneur lui rapportera un profit. Le profit n’est pas la rémunération du risque pris, mais une récompense pour avoir compris ce dont la communauté avait besoin. C’est le meilleur service de la communauté qui fait le succès de l’entrepreneur. Sa découverte mérite récompense, elle permet de redistribuer en permanence les efforts et les ressources productives pour se rapprocher d’une meilleure affectation. Des gaspillages sont évités, de nouvelles satisfactions apparaissent.

Le capitalisme est efficace parce qu’il est juste

Kirzner ne s’attarde pas au concept de justice sociale. Pour lui il existe une justice simple, qui est la reconnaissance des droits de propriété sur l’entreprise et le profit. Celui qui trouve garde (théorie du « finder keeper »). Dans le système capitaliste, celui qui crée et apporte quelque chose aux autres garde pour lui le supplément de valeur qu’il a dégagé. Il ne vole personne, puisque avant son intervention cette valeur n’existait pas. Mais ainsi les individus sont-ils encouragés à découvrir sans cesse, à créer des satisfactions nouvelles, sachant qu’ils en garderont la propriété. Ce n’est pas possible dans les régimes socialistes, où le profit est confisqué, l’innovation collectivisée, et la propriété ignorée ou limitée : voilà pourquoi de tels régimes sont inefficaces. On dit parfois que le capitalisme est juste parce qu’il est efficace : la croissance étant plus forte (efficacité) toute la population peut en profiter (justice). Kirzner nous dit à l’inverse que ce qui fait que le capitalisme est efficace, c’est qu’il est juste. A chacun ses mérites, récompensons ceux qui rendent service aux autres.

 

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Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


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