Le salaire représente la rémunération du facteur travail.
Comme l'intérêt, rémunération du capital, mais à la différence du profit,
rémunération de l'entreprise, le salaire est un revenu fixe et contractuel. Les salaires, contrairement à une confusion courante, sont loin de
constituer la totalité des revenus des salariés, qui peuvent aussi percevoir des
revenus d'autres facteurs de production et qui perçoivent des prestations sociales. Si le salaire est un revenu, il est aussi un prix : le prix du
travail. Comme tout prix, le salaire se fixe sur un marché : le marché du
travail. Mais ce marché est loin d'être parfaitement concurrentiel. L'Etat y joue un
rôle important, ne serait-ce qu'en fixant un salaire minimum, qui produit les mêmes
effets qu'un blocage des prix, et crée du chômage. En outre, les syndicats,
surtout lorsqu'ils ont une position monopolistique, rendent ce marché peu concurrentiel.
Enfin, le marché du travail est loin de constituer un tout homogène. Toutes ces
imperfections et interventions administratives contribuent à expliquer les
déséquilibres visibles sur le marché du travail. Il semblerait cependant qu'à long
terme le niveau de salaire ne saurait s'écarter durablement de la valeur de la
productivité marginale du travail considéré. |