Période qui suit, au cours d'une vie, la phase d'activité professionnelle.
Les systèmes modernes ont fixé, dans nos pays, deux principes : celui de l'âge
de départ en retraite et celui d'une rémunération, assurée par un système de
répartition, pour les retraités.
En ce qui concerne l'âge de la retraite, ce qui frappe le plus,
c'est la volonté d'uniformiser les situations (comme en France avec le passage
de l'âge de la retraite de 65 à 60 ans). On peut s'interroger sur ces pratiques,
qui n'ont aucun sens pour des situations personnelles très diversifiées (type
d'activité, niveau de revenu, santé de la personne, intérêt du travail, etc...).
Il parait absurde, contraire aux libertés individuelles et, en même temps, antiéconomique
de vouloir uniformiser des situations, par nature, très différentes.
La question de la rémunération est plus délicate. Peu à peu,
les pays occidentaux ont mis en place des systèmes de retraite par répartition
: ce sont les actifs du moment qui cotisent, non pour leur propre retraite,
comme ils le pensent à tort, mais pour les retraités du moment. Ce système est
très sensible à la répartition démographique entre actifs et inactifs. Il est
donc destiné inévitablement à exploser lorsque ce rapport deviendra défavorable,
c'est-à-dire lorsque les classes nombreuses arriveront à l'âge de la retraite
(vers 2005-2010) tandis que les classes creuses arriveront sur le marché du
travail. C'est dans cette perspective qu'ont été mis en place des systèmes
de retraites complémentaires, qui reposent en général sur le principe de capitalisation,
c'est-à-dire que chacun cotise pour lui-même, suivant un simple principe d'épargne
à long terme. Mais, plus généralement, c'est tout le système qui est .menacé
à terme. La question du passage généralisé à la capitalisation (y compris pour
le régime de base) se pose donc. L'objection courante (peur de la dévalorisation
de l'épargne à long terme face à l'inflation) n'est pas fondée, car il existe
des systèmes d'indexation et, de toute façon l'inflation est un phénomène monétaire
que l'Etat crée artificiellement. Mais, par contre, se pose la question de la
transition d'un régime à un autre : une génération risque-t-elle d'être sacrifiée,
puisqu'elle devrait payer deux fois ? Pour les autres, par la répartition,
et pour elle-même, par la capitalisation. Cette génération risquerait de supporter
une nouvelle fois les conséquences du "marché politique", qui ne s'intéresse
qu'au court terme (en fonction des échéances électorales immédiates) et néglige
les questions à plus long terme; mais plus on retardera la solution du problème,
plus il deviendra insoluble et explosif. En outre, de nombreux exemples étrangers
montrent qu’il existe des techniques de passage à la capitalisation acceptables
pour tous, pourvu qu’on veuille bien ne pas avoir de blocages étatiques
et idéologiques (refus des fonds de pension, etc) |