Le S.M.I.C. (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance), qui a
remplacé le S.M.I.G. (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti) en 1969, constitue un salaire minimum, fixé, au niveau national, par les pouvoirs publics, et s'impose à l'ensemble
des activités économiques. Le S.M.I.C. est indexé sur l'indice des prix, comportant donc une garantie de maintien du pouvoir d'achat. Mais la politique des pouvoirs publics
consiste à augmenter chaque année le S.M.I.C. plus rapidement que les autres salaires.
Du point de vue économique, le S.M.I.C. doit s'analyser comme un prix
bloqué, et donc comme un facteur déséquilibrant sur le marché du travail : un S.M.I.C.
élevé encourage les demandes d'emploi et décourage les offres d'emploi (et cela
d'autant plus que les charges sociales pour l'employeur augmentent en même temps) : cela
se traduit alors par un chômage plus élevé. Vouloir garantir un salaire minimum,
identique pour toutes les régions et branches, est un facteur de rigidité, de
déséquilibre et de chômage, et va à l'encontre des intérêts de ceux que l'on
prétend protéger. Si la nation souhaite assurer aux ménages les plus mal lotis des
conditions de vie décentes, la solution consiste à leur garantir un revenu familial minimum versé sous forme de prestations financées par l'impôt. On peut aider
les personnes, on ne doit jamais intervenir dans le mécanisme des prix. |