Le profit assure la rémunération de l'un des facteurs de
production de l'entreprise. Contrairement aux deux autres facteurs,
dont la rémunération est fixe et contractuelle, l'entreprise reçoit un revenu
variable, aléatoire et résiduel : c'est ce qui reste lorsque l'on a rémunéré
les autres facteurs de production ; le profit est donc un simple solde, obtenu
par différence entre recettes et charges. Mais ce solde rémunère un apport spécifique
à la production : le risque pris par l'entrepreneur, et, plus encore, son action
de vigilance, d’anticipation, de découverte sur un marché. L’entrepreneur
est celui qui trouve ce qui n’existe pas encore : c’est cela
que le profit rémunère. Le profit trouve tout son sens quand on se situe sur des marchés
concurrentiels, car la concurrence accroît les risques ; elle pousse les entreprises
à s'adapter. Celles qui y réussissent font des profits. Le profit a un triple
rôle dans une économie de marché. Il est un critère de bonne gestion (comme
la perte est un critère de mauvaise gestion) ; il est un stimulant pour l'entreprise
et l'entrepreneur, et les pousse à s'adapter sans cesse, à innover, à trouver
des idées nouvelles ; il est enfin une source importante de financement des
investissements, et donc de la croissance, par l'autofinancement. Cette notion de profit doit bien entendu être comprise au sens
large. Peu importe que l'entreprise soit individuelle (on parle là alors plus
simplement de bénéfice ou encore de revenu des entrepreneurs individuels) ou
sociétaire (les profits distribués aux actionnaires étant, dans ce cas, des
dividendes). |