Une innovation représente une "invention qui a été acceptée par
le marché", ce qui signifie qu'une découverte technique non exploitée ne peut pas être considérée comme une innovation, mais
seulement comme une invention. Le terme innovation implique
donc que l'idée ait reçu une application concrète avec succès. Dans
ces conditions, I'innovation pourra désigner non seulement une
nouvelle découverte, un nouveau produit qui a réussi, mais aussi,
par exemple, un nouveau processus de commercialisation (les
premiéres ventes par correspondance ont constitué une innovation),
ou encore un nouveau processus d'organisation de l'entreprise, la
rendant plus performante.
Certains économistes, comme Schumpeter, accordent une importance considérable à la notion d'innovation comme moteur de la
croissance économique: ces innovations arrivent de façon irrégulière, une ou plusieurs innovations majeures (comme la machine à
vapeur ou l'électricité) étant suivies d'une "grappe" d'innovations
dérivées, de moindre importance. Dans cette phase d'innovation
active, la croissance est rapide; au contraire, dans les phases où les
innovations sont limitées, la croissance économique se ralentirait.
Schumpeter voit dans ce rôle des innovations l'explication majeure
des cycles économiques.
Des analyses plus récentes (Kirzner) tendent à prouver que
l'innovation n'apparaît pas par hasard, mais est le fruit d'une
amélioration du fonctionnement du marché. Quand des informations plus fiables circulent entre producteurs et consommateurs, il
se trouve des entrepreneurs à la recherche de profits qui lancent des
innovations. L'innovation ne naît pas d'un progrès technique, mais
d'un progrès marchand. |