EUROPE

La construction européenne est née sous le signe du dirigisme, avec la Communauté Européenne Charbon Acier. L'Europe des Six, puis l'Europe des Douze, créées par le Traîté de Rome en 1958, ont hésité entre dirigisme et libre-échange.
La CEE a pris une orientation nouvelle avec l'Acte Unique signé en 1985 et ratifié en 1986, et l'Europe peut devenir un espace de libre-échange, un Grand Marché qui permettrait aux Européens de bénéficier d'une concurrence accrue, et généralisée. Mais les traités de Maastrich (1992) et Amsterdam (1995) semblent avoir à nouveau infléchi l’Europe vers le centralisation politique : nouveaux pouvoirs au parlement, chargé de contrôler la commission, politiques européennes de défense collective, de commerce mondial, charte sociale européenne, Euro. Toutefois, les détails d’une constitution européenne sont loin d’être arrêtés. C’est que l'affaire européenne a rebondi avec les événements en Europe de l'Est, et la réunification économique de l'Allemagne. L'irruption de ces nouveaux pays renforce-t-elle la thèse des Etats-Unis d'Europe ou plaide-t-elle en faveur d'un simple élargissement du marché européen ?
Il est certain qu'à l'heure de la mondialisation des échanges, une Europe très structurée n'a aucun sens, et ne peut prétendre s'isoler du reste du monde.
D'autre part, l'unification politique de l'Europe se heurte à de vives résistances, et le principe de la souveraineté nationale est encore très âprement défendu, en particulier par les Anglais. Il est sans doute plus facile de rapprocher les Européens entre eux en leur permettant de commercer, de circuler, que de les rassembler sous une bannière unique.
L'harmonisation européenne se fera plus facilement par le bas, avec une communauté de vie et d'intérêt des Européens, que par le haut, par entente entre les Etats européens. L'Europe économique marchande a plus d'avenir que l'Europe politique à économie dirigée. Culture et économie sont sans doute des liens plus puissants que les arrangements constitutionnels et politiques.