CONCURRENCE

La concurrence est l'une des caractéristiques essentielles des économies de marché ; elle repose sur une compétition loyale et libre entre entreprises. Les avantages de la concurrence sont nombreux : elle pousse au progrès technique et aux gains de productivité, elle élimine les entreprises les moins performantes (qui gaspillent les facteurs de production) et elle pousse à des baisses de prix.

COMMENTAIRE
Comment repérer qu'un marché est réellement concurrentiel ? Pendant de nombreuses années, les économistes se sont arrêtés au schéma dit de la "concurrence pure". Un marché, pour être concurrentiel, devait posséder simultanément cinq qualités :
-la polycité (un grand nombre d'acheteurs et de vendeurs),
-l'atomicité (chaque acheteur ou vendeur est infiniment petit et ne peut modifier à lui seul l'équilibre du marché),
-l'homogénéité (les produits négociés sont rigoureusement les mêmes, il n'y a aucune discrimination suivant les vendeurs ou les acheteurs),
-la transparence (parfaite connaissance des prix et des produits),
-la fluidité (liberté totale d'entrée et de sortie du marché).
Il va sans dire que bien peu de marchés concrets peuvent satisfaire à ces conditions; forts de ce constat, certains se sont empressés de conclure à l'impossibilité de la concurrence, donc à la perversité de l'économie de marché. Le schéma de concurrence pure a été abandonné, d'abord au profit de celui de la concurrence "imparfaite" (CHAMBERLAIN), qui repère des situations de concurrence même quand il y a un petit nombre d'opérateurs, puis de celui de la concurrence "praticable" (John Maurice CLARK) qui estime qu'il y a concurrence dès que la condition de fluidité est satisfaite.
A l’heure actuelle de nombreux économistes abandonnent cette conception statique de la concurrence pour lui préférer une conception dynamique : on ne juge pas de l’existence ou de l’absence de concurrence d’après la situation d’un marché en un moment donné, mais d’après la liberté pour de nouveaux concurrents d’apparaître sur le marché. Seuls les marchés ouverts sont concurrents. De la sorte, l’existence d’un monopole n’exclut pas la concurrence : si une seule entreprise est sur le marché, alors même que n’importe qui pourrait y rentrer, c’est simplement parce qu’elle est la seule à pouvoir satisfaire la demande aux conditions requises.
Quand une entreprise innove, elle conquiert provisoirement une situation de monopole. Il n'y a guère que les monopoles publics qui soient durablement à l'abri de la concurrence. Une dernière question se pose: comment assurer la concurrence ? Pendant longtemps on a investi l'Etat du rôle d'arbitre. Des lois anti-trusts devraient interdire les ententes et les monopoles, et l'Etat serait chargé de les faire respecter. Aujourd'hui on est beaucoup plus réservé à l'égard des vertus de ces lois et de la "surveillance des marchés" par l'Etat, pour la bonne raison que c'est souvent l'Etat lui-même qui crée ou protège les situations non concurrentielles - il est donc mal placé pour être à la fois juge et partie. La liberté totale du commerce et de l'industrie, notamment au niveau international, paraît être une garantie bien plus efficace de la réalité concurrentielle.

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