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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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La route de la servitude

En décembre 1943 Hayek écrit à Londres un ouvrage qui porte ce titre. En 1945, ce livre lui vaudra la célébrité :

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Theresa May à Paris PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 13 Juin 2017 00:00

Cherche-t-elle un allié pour un Brexit adouci ?

 

Les Travaillistes et James Corbyn en ont été pour leurs frais : ils n’ont pas réussi à déboulonner Theresa May du 10 Dawning Street. Pourtant ils avaient joué de façon éhontée sur la série d’attentats qui avaient frappé le pays à la veille des élections. Pourtant la presse française se réjouissait de ce succès de la gauche révolutionnaire et populiste : on pouvait y voir un mélange de Mélanchon et de Le Pen, et un échec du communautarisme à l’anglaise.

En vérité, le parti conservateur, s’il n’a pas réussi à garder la majorité à la Chambre des Communes, demeure le premier parti du Royaume Uni, avec le plus grand nombre de voix et de sièges, et il ne lui a manqué que 6 sièges pour éviter un gouvernement de coalition. Voilà pourquoi l’alliance de circonstance avec le Parti Unioniste Démocrate (DUP), titulaire de 10 sièges, pourra permettre à Theresa May de faire passer un grand nombre de textes imposés par l’issue des négociations avec l’Union Européenne.

Le DUP n’a pas bonne presse dans certains milieux. Il s’agit d’un parti de l’Irlande du Nord, très attaché à l’Union Européenne parce que les frontières ont disparu avec la République d’Irlande (qui, elle, reste dans l’Union de toute façon). Les Irlandais des deux côtés ont apprécié le libre échange et le Nord bénéficie de la proximité de ce paradis fiscal qu’est l’Irlande de Dublin. Mais surtout, il s’agit d’un parti « ultraconservateur » (dans le langage des médias français), c’est à dire représentant des électeurs opposés à l’avortement et au mariage homosexuel. En foi de quoi les Travaillistes ont immédiatement lancé une pétition pour demander la démission de Theresa May. Celle-ci n’en a cure pour l’instant car toute autre coalition serait sans doute critiquée avec autant d’animosité par ses adversaires. Elle résiste d’ailleurs avec la même fermeté aux pressions internes à son parti, puisque David Cameron n’a cessé de l’attaquer ; il faut dire qu’elle a toujours été dans la minorité pro-Brexit au sein des tories ; c’est d’ailleurs pourquoi elle a été choisie pour Premier Ministre.

Libérée (presque totalement) de la crise parlementaire, la Première Ministre doit maintenant reprendre le dossier des discussions avec l’Union Européenne, qui vont reprendre la semaine prochaine. Est-ce le sens de la visite qu’elle rend ce soir à Emmanuel Macron ? Certes la visite est placée sous le signe de l’amitié entre nos deux peuples et de la solidarité dans le malheur commun du terrorisme djihadiste. Mais plusieurs commentateurs sont persuadés que Theresa May veut convaincre le Président français, qui à son tour pourrait infléchir les négociations dans un sens plus favorable aux intérêts anglais.

On peut ici émettre un double doute. D’une part les conceptions européennes des deux protagonistes sont radicalement opposées. Emmanuel Macron est partisan d’une relance européenne à partir d’une participation plus active des chefs d’Etat aux décisions concernant l’Union, tandis que la Commission serait mise entre parenthèses. Theresa May préfère discuter avec la Commission (à la différence de David Cameron) et son opinion personnelle, affaiblie par les élections et les critiques, pèse peu aux yeux du Président français. Peut-être l’air de Paris réchauffera-t-il les relations entre les deux.

Mais d’autre part, il n’est pas dit que la position française soit réellement déterminante dans le concert européen. En France on est acquis à l’idée que le jeune Président va dominer de son intelligence et de son habileté la diplomatie européenne, sinon occidentale, sinon mondiale. Mais en fait le siège politique de l’Europe est bien celui occupé par Angela Merkel, parce qu’elle seule peut imposer un rapprochement des points de vue entre Europe du Sud et Europe du Nord et du Centre, et elle seule peut tenir la dragée haute au Président américain, notamment sur les problèmes de défense.

Enfin il ne faut pas oublier que si la France peut se targuer d’avoir un bon et jeune Président, elle est aussi en position de débitrice structurelle, et qu’elle a besoin de l’indulgence de ses partenaires pour obtenir de nouveaux moratoires pour revenir à la règle des 3%. Déjà la préparation du budget 2018 se présente-t-elle comme très délicate, compte tenu des ardoises laissées par les socialistes.

L’alliance franco-anglaise sera-t-elle cordiale ? On en aura un avant goût au stade de France.

 

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1340 du 8 novembre 2017

Editorial : Harcèlement : plan d’urgence ou profonde conversion ?
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Connaissance du libéralisme :
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