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Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 10 Février 2016 00:00

Américains, Russes, Turcs, Coalisés : la poudrière syrienne en surchauffe

 

 

Des évènements inquiétants se succèdent depuis une semaine, l’affaire syrienne tourne ouvertement à l’affrontement diplomatique, et on peut espérer que l’affrontement militaire, déjà réel sur le terrain de la Syrie, restera limité au Proche Orient.

Il y d’abord la position d’Obama, qui s’acharne à soutenir l’armée rebelle opposée à El Assad. Plus que Daech, c’est cette armée qui prend les coups les plus durs autour du siège d’Alep. Les bombardements de l’armée officielle d’El Assad, et surtout les frappes aériennes russes, ont déclenché samedi les énergiques protestations de la Maison Blanche. Obama a choisi son camp et ses alliés : les Syriens rebelles à Bacher El Assad. Ces alliés n’ont en fait guère de consistance politique, ils sont divisés, incapables de choisir leurs leaders et les conditions à poser en vue d’une trêve. De son côté Bachar veut les exterminer. Les Etats-Unis sont dans le piège : voilà que leurs alliés sont bombardés et en déroute. Les hésitations et les erreurs de Washington se paient cher aujourd’hui.

Les forces armées les plus dynamiques aujourd’hui sont celles des Kurdes, qui ont repris sans grand soutien international les villes et les positions clés à la frontière de l’Irak. Objectivement, les Kurdes sont les frères d’armes de Damas, mais sans sympathie particulière pour El Assad. Or, voici ces dernières heures une attaque en règle des Turcs contre les Kurdes : ils ont bombardé les Kurdes en train de s’emparer d’Azaz, une ville tenue par les rebelles syriens. En d’autres termes les Turcs s’opposent à l’alliance Poutine - El Assad et soutiennent en fait les rebelles syriens. Leur position en font donc les alliés objectifs des Américains, mais les relations entre Ankara et Washington ne sont pas bonnes pour l’instant.

L’attitude des Turcs est réellement très ambiguës : ils ouvrent et ferment la frontière aux flots de milliers de Syriens fuyant la guerre et les massacres ; ils n’accueillent pas volontiers les Syriens catholiques, même si l’Europe fait pression pour qu’aucune discrimination ne soit mise en place contre les Chrétiens. Cette question des Chrétiens d’Orient a été au cœur de la rencontre entre le Pape François et l’archiprêtre orthodoxe russe Kirill. Mais les Turcs n’ont sans doute rien à faire de ce que les religieux non musulmans peuvent penser et dire.

La position russe, quant à elle, est évidente pour tout le monde. Poutine est l’allié déclaré d’El Assad et se conduit en conséquence. Il est traditionnellement ennemi de la Turquie, un voisin bien gênant aux bords de la Mer Noire. L’ouverture vers la Méditerranée est une absolue nécessité pour le Kremlin. Mais cette position n’a-t-elle pas changé récemment ? La semaine dernière, nous nous demandions si l’entrée en jeu de l’Iran n’allait pas donner l’occasion ou la tentation de constituer un front commun contre l’Europe et l’Amérique. Pour les relations avec Obama, l’affaire est entendue : les deux hommes se vouent une haine réciproque. Pour les relations avec l’Europe la chose est plus incertaine. D’un côté, les Européens semblent décidés à défendre les intérêts et la liberté de l’Ukraine, déjà bien amputée ; d’autre part, les sanctions prises contre la Russie hypothèquent son économie - tout en pénalisant plusieurs secteurs en Europe de l’Ouest (les exportations de viandes françaises par exemple). Les relations diplomatique sont d’autant plus compliquées que la Russie et la « coalition » sont sensées coopérer dans la lutte contre Daech. Mais peut-on avoir deux luttes, et contre Daech, et contre les rebelles syriens, sachant que El Assad est rejeté et par les Américains et par certains gouvernements européens, dont celui de la France ?

Il est certain en tout cas que la diplomatie européenne est aux abonnés absents. Ce n’est pas nouveau, on l’avait déjà vécu au moment de l’entrée en guerre contre l’Irak. Faute d’accepter l’atlantisme et de se draper dans le fanion de l’OTAN, l’Europe n’a plus aucune notion commune des choix diplomatiques et stratégiques à faire. Les divisions sont maintenant ouvertes, notamment après l’attaque de Manuel Valls contre Angela Merkel sur le problème de l’accueil des immigrants. L’Union Européenne est maintenu en sursis, le Brexit achèverait sans doute toute idée d’un gouvernement de l’Europe. La diplomatie française est dans l’erreur en spéculant sur une Europe renforcée à Bruxelles, et sous domination des pays du Sud. L’axe Paris-Berlin a vécu, et l’axe Londres-Berlin ne parvient pas à s’affirmer. Il est vrai que la Chancelière elle-même a perdu avec les immigrés la considération qu’elle avait acquise pour sa gestion de la crise économique.

Ces turbulences diplomatiques évoquent celles qui ont suivi les accords de Munich. Mais par rapport à 1938, deux changements majeurs sont intervenus et écartent vraisemblablement le risque de guerre mondiale. D’une part, la mondialisation est un fait et les pays émergents sont là. D’autre part, le centre mondial de la vie économique s’est déplacé vers le Pacifique. Si un spectacle inhumain nous est offert par le moyen Orient, il y a peut-être des milliards d’être humains qui n’aspirent qu’à la paix et au progrès économique et social.

 
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