Commandez

Jacques Garello l www.libres.org

Lettre ouverte aux retraités actuels et futurs, cet opuscule est un véritable condensé de tout ce que Jacques Garello a écrit sur le sujet. A lire absolument si vous vous interrogez sur le futur du système des retraites par répartition.

130 pages, 12€

Bulletin de commande

Portait

Le père des néo-classiques

Après la « révolution marginaliste » qui avait pris des allures fort différentes dans les œuvres de Jevons, Walras et Menger, il fallait sans doute le talent pédagogique d’Alfred Marshall pour proposer un schéma d’exposition simple des principes de la science économique.

Lire la suite...
Réduction du chômage : un montage ridicule PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 06 Janvier 2016 00:00

S’occuper de la demande d’emplois, alors qu’il n’y a pas d’offre d’emplois

 

 

Après l’opération COP 21 dont personne ne se souvient, mais qui a permis d’amortir le choc des régionales, voici maintenant lancé le grand programme d’inversion de la courbe du chômage. Il s’agit, une fois de plus, d’un montage médiatique et assez scandaleux : on fait croire aux Français, et aux chômeurs les premiers, que la solution est dans la formation de 500.000 personnes aujourd’hui sans emploi.

Dans la rubrique de conjoncture de notre lettre 1257 (décembre) nous rappelions que rien n’est plus simple que de mettre fin au chômage massif, et nous avions énuméré les dispositions élémentaires à prendre. En voici le rappel :

1° Stimuler l’activité économique et la croissance en diminuant les charges publiques (impôts et cotisations) et surtout en supprimant la progressivité des prélèvements qui pénalise ceux qui veulent davantage travailler, épargner, entreprendre. Les cotisations sociales (retraites et santé) atteignent un taux dramatiquement haut avec les systèmes de répartition.

2° Libérer le marché du travail en réhabilitant le contrat individuel, au lieu d’imposer salaires et conditions de travail fixés par des négociations collectives ou des réglementations publiques. Le SMIC doit disparaître, comme la durée légale du travail, comme la durée du contrat.

3° Prévoir un filet social pour aider les chômeurs en leur garantissant un revenu minimum familial, limiter dans le temps cette indemnisation, améliorer la formation.

4° Réduire les interventions économiques et sociales de l’Etat, qui créent des revenus immérités au travers de privilèges et statuts, et redistribuent arbitrairement les revenus tirés de l’activité productive, profits, salaires et intérêts.

Ces mesures doivent être à l’abri de toute manipulation et garantir la stabilité institutionnelle et législative qui permet des anticipations fiables.

Le gouvernement n’a retenu qu’une seule de ces dispositions, à vrai dire mineure : améliorer la formation.

Le prétexte du gouvernement est de se rapprocher du modèle allemand. Il est vrai que l’on évoque très souvent la qualité de la formation et de l’apprentissage en Allemagne. Mais il s’agit de mesures préventives du chômage, destinées à mettre à la disposition des entreprises un capital humain de qualité, capable de s’adapter pour occuper les emplois disponibles.

En revanche, les grandes réformes des quatre lois Hartz (sous le gouvernement Schröeder) ne sont même pas évoquées par le gouvernement. Elles seraient contradictoires avec la tradition « sociale » de la France, car elles conduisent à privilégier les accords d’entreprises au détriment des négociations collectives menées par les syndicats et les instances patronales, à moduler le contrat de travail individuel en fonction de l’intérêt des parties, à supprimer la durée légale du travail (en se tenant en principe en dessous du plafond européen de 48 heures), à libérer les salaires horaires (même si le SMIC a été instauré récemment, mais fort éloigné du salaire médian).

Il n’est qu’à constater le sort qui a été réservé à la réforme du Code du Travail tout au long de l’année 2015 pour comprendre qu’on a en France renoncé à donner aux salariés et aux employeurs les éléments de flexibilité dont ils ont besoin pour sceller un accord personnel.

Quant à la création d’emplois, elle est bloquée dans notre pays. Entreprendre, épargner et investir, c’est s’exposer à des charges sociales galopantes, à des impôts sur les bénéfices et sur les revenus, et au coût d’une réglementation pléthorique et incertaine.

Mais l’essentiel, pour calmer l’opinion publique, n’est-il pas de faire croire que l’on a introduit tout d’un coup des changements miraculeux dans l’économie française ? On jouera – et on joue déjà dans certains discours – sur le fait que la formation ne porte ses fruits qu’à terme, et on scrutera avec espoir les chiffres mensuels des demandeurs d’emplois, tandis que le nombre des créations d’emplois sera stationnaire, ou en déclin.

Qu’il existe une insuffisance des « appariements », que des employeurs cherchent en vain du personnel de qualité et de quantité voulues, c’est incontestable (hôtellerie par exemple), mais cela n’explique pas 5 millions de personnes sans emploi durable. Assimiler une fois de plus des gens en formation à des personnes en voie d’être rapidement employées est une manipulation de plus. Sans doute le gouvernement prépare-t-il en sous-main la vraie mesure anti-chômage, conçue par Bernard Tapie ; mettre le chômage hors-la-loi. On y viendra en 2016.

 
More Articles :

» Protection de l’industrie vieillissante

Trump veut défendre la sidérurgie américaine : peine perdue, guerre perdue

» Quand l’Etat français aide l’industrie

Politique de « réindustrialisation » ou de libération ?

» Fin du modèle allemand ?

La constitution de la Grande Coalition a été saluée comme un succès pour les socialistes du SPD. Victoire à la Pyrrhus : d’une part, les dirigeants du SPD sont très mal en point au sein de leur propre parti (à tel point que Martin Schutz...

» En marche sans bouger

Je suppose que vous avez réagi à l’annonce, vendredi dernier, de l’arrêt de la Cour de Cassation précisant que le conducteur d’un véhicule à l’arrêt, moteur arrêté, pouvait être poursuivi et condamné pour tenir son téléphone...

» Ce budget n’est ni réformateur ni libéral

Où est la réforme budgétaire promise et magnifiée aujourd’hui par les nouveaux dirigeants ?  Les dépenses n’ont pas diminué, les impôts n’ont pas vraiment baisse, et quantité d’innovations sont utopiques ou arbitraires. Un budget...

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...