Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

21 pages, gratuit

Bulletin de commande

Portait

L’échange base de la richesse des nations

C’est le message essentiel de celui qui est considéré (avec Turgot) comme le père de la science économique.

Lire la suite...
Pourquoi la corruption s’est installée à la FIFA PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 14 Octobre 2015 00:00

Un mélange détonnant de politique, de marchand et d’associatif

 

 

La Nouvelle Lettre n’a jamais eu de rubrique sportive, certains lecteurs s’en désolent sans doute. Nous n’allons pas combler cette coupable lacune, car si nous nous intéressons à la FIFA (Fédération Internationale de Football Association), c’est simplement pour en explorer la particularité institutionnelle, qui devait nécessairement la conduire au désordre, puis à la corruption.

L’analyse économique des institutions nous apprend en effet que dans une société de libertés chaque individu est appelé à évoluer dans trois ordres différents. Il se trouve confronté d’abord à l’ordre politique, qui a pour logique l’organisation et l’exercice du pouvoir, puis ensuite à l’ordre économique, qui régit les échanges monétaires et privilégie le processus marchand, et enfin à l’ordre communautaire, ou associatif, fondé sur la solidarité volontaire et l’entraide. L’analyse fait encore le constat que, pour des raisons diverses, la frontière entre les trois ordres n’est plus guère respectée aujourd’hui : on mêle beaucoup de politique à beaucoup d’argent, beaucoup de politique au communautaire, et on met beaucoup d’argent dans l’associatif. Le résultat est une confusion des logiques : faire du bénévolat pour ramasser de l’argent n’est pas plus recommandable que créer des associations pour soigner sa clientèle électorale.

La FIFA est une illustration remarquable du danger que représente la confusion des genres.
Au départ, elle a certainement une dimension communautaire : elle fédère des associations sportives qui poursuivent le noble objectif de mettre le sport à la portée de tous, de développer un esprit d’équipe et de loyale compétition ; les enfants en ont besoin, les adultes aussi.

Comme toute association, elle a besoin de bénévoles et devrait rester hermétique à la politique et à l’économique. Mais il faut des équipements sportifs, de beaux salaires pour attirer les vedettes, ce qui pousse les clubs de football à chercher des subventions et des sponsors : les autorités politiques locales ou nationales deviennent vite des partenaires incontournables. A chaque niveau la surenchère s’opère, jusqu’à la fédération internationale, qui prend ainsi une dimension financière considérable, avec un budget annuel de près d’un milliard et demi de dollars et un capital de quelque trois milliards et demi.

L’organisation des compétitions internationales fournit le plus clair des recettes de la FIFA, mais elle rapporte aussi beaucoup d’argent aux pays organisateurs. Sous l’impulsion des Etats, une course à l’organisation est ouverte et les pressions diplomatiques commencent à entrer en jeu. Elles sont rendues plus efficaces quand on peut s’assurer la sympathie des dirigeants, une sympathie qui n’a pas de prix, c'est-à-dire dont le prix est occulte.

Voilà comment on est amené à faire à la fois du sport, du business et de la politique.

Le mur du silence autour des procédés de la FIFA a été percé à l’occasion de l’organisation de la Coupe du Monde de football. En Russie en 2018 d’abord, au Qatar en 2022 ensuite.  Pressions politiques et dessous de tables ont été mis en évidence, et Stepp Blatter, puis Michel Platini, ont été impliqués dans des dossiers de corruption qui ont provoqué leur suspension de toute responsabilité au sein de la FIFA. Les choix de la FIFA étaient en effet assez bizarres : dans un cas on confiait l’organisation à un pays économiquement exsangue, qui avait connu un fiasco pour l’organisation des Jeux Olympiques, mais qui veut asseoir le prestige politique du Kremlin ; dans l’autre, on retenait la candidature d’un pays qui n’avait pas de souci d’argent certes, mais qui ne pouvait assurer la compétition contre les risques du climat.

Il est bien vu de dire que le sport s’accommode mal des affaires d’argent, mais c’est une erreur : il faut en finir avec l’hypocrisie, et admettre que certains sports ne relèvent plus de la logique associative, mais bien de la logique marchande. Il n’y a rien d’inconvenant à voir les clubs investis par les hommes d’affaires, dans la mesure où les places achetées pour le spectacle, les droits de diffusion télévisée, la couverture publicitaire et les salaires des joueurs appartiennent en effet à la loi du profit et de la rentabilité. Mais, de grâce, qu’on cesse de présenter la FIFA et d’autres organismes du même type comme des modèles de vie associative. Le marché n’est pas immoral, ce qui est immoral c’est de confondre marché et politique, marché et bénévolat, et de pratiquer la corruption en prenant le masque du sport.

 
More Articles :

» Quand une discrimination en chasse une autre

C’est aujourd’hui la journée mondiale de la femme. On dénombre actuellement 466 journées mondiales dont 119 ont été officiellement décrétées par l’ONU. En 2018, le calendrier a commencé le 1er janvier avec la journée mondiale de la...

» Cheminots et paysans : quelle réforme ?

On ne parle plus ces jours-ci que de la SNCF et du Salon de l’Agriculture. Il y a deux points communs à ces sujets : d’une part, cheminots et paysans sont en colère ; d’autre part, il est évident qu’il y a urgence et risque de...

» En France la justice est expéditive depuis deux siècles

La Constitution de la 5ème République et l’ENM ont aggravé la situation

» La CGT n’a pas de chance

Les Français devraient savourer leur victoire sur la CGT. La centrale communiste les a condamnés pendant plusieurs semaines à subir pénurie de carburants, paralysie des transports, blocage de l’activité, mais plus grave encore : avec...

» Analyse économique de la prohibition

La consommation de drogue peut-elle être freinée par la prohibition ?

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...